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Les pédiatres exigent la sortie du nourrisson de la " basse variabilité "

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Ambiance des grands jours à l'hôpital Saint-Jean (Bruxelles), où les pédiatres ont rassemblé une pétition de 1.000 signatures qu'ils ont envoyé ce midi à la ministre Maggie De Block dont le cabinet siège à quelques pas de là à la Tour des Finances. Les pédiatres revendiquent que le nouveau-né sorte de la logique du forfait " basse variabilité " et ne dépende plus, pour les prestations, de l'état de santé de sa mère. Pour le moment, le cabinet De Block reste sourd aux appels.

Nicolas de Pape - 13 décembre 2018

Le 1er janvier 2019, le nouveau mode de financement des interventions dites à basse variabilité entrera en vigueur. Il vise des " petites " interventions assez simples telles la mise en place d'une prothèse du genou ou une appendicectomie. Pour celles-ci, les médecins et les hôpitaux reçoivent un montant forfaitaire fixe.

Pour les pédiatres, même tarif.

" Cela n'occasionnerait aucun problème en pédiatrie si les petits patients étaient considérés comme ayant leurs propres droits ", explique Michel Pletincx, président de l'Association professionnelle belge des pédiatres depuis l'hôpital Saint-Jean (Bruxelles) où se tenait une conférence ce jeudi matin. " Si l'accouchement ne pose aucun problème pour la parturiente, l'état du bébé ne sera pas pris en compte. Il sera automatiquement lié au taux de gravité de la maman et non à ses propres caractéristiques alors qu'il s'agit bien sûr de deux individus bien distincts ".

Pour le Dr Pletincx, tant que le bébé est en bonne santé, il peut entrer dans ce financement à basse variabilité. Le problème survient s'il naît prématurément et doit être réanimé ou perfusé. Dans ce cas, le système ne change pas : il reste soumis au système à basse variabilité. Ce n'est pas normal. Le gouvernement doit reconnaître l'individualité du bébé. Il ne peut pas être considéré comme un " appendice " de la mère. " Non seulement ce n'est pas juste mais c'est de la discrimination. "

En outre, ce nouveau-né à problème à qui on nie le droit d'avoir son propre état de santé risque d'être automatiquement dirigé vers des NICu (unités de néonatologie intensive) alors qu'il aurait pu être soigné en néonatologie classique mais qui manquera de moyen dès l'année prochaine.

Pierre Philippet, président du Groupement belge des pédiatres de langues française (GBPF) attend " un signal fort de la part de la ministre De Block ". " Qu'elle reconnaisse nos objections fondamentales et prenne à coeur celles des parents. "

La Belgique compte, selon l'association, 120.000 naissances chaque année. " Environ 1% de tous les enfants viennent au monde avant la 32e semaine de grossesse et 6% naissent entre la 32e et la 36e semaine. Les problèmes les plus souvent rencontrés sont des infections, des troubles digestifs, des troubles métaboliques et des problèmes neurologiques. Dans 10% des cas, ces bébés auront besoin de soins médicaux supplémentaires et seront placé en service N* (néonatologie semi-intensive). "

Les pédiatres remettront ce jeudi une pétition de 1.000 d'entre eux en même temps que le lancement d'une campagne de sensibilisation www.donneznousunvisage.be.

La campagne est soutenue par l'Académie belge de pédiatrie, le GBPF, le GBS, le VVK (Vlaamse Verniging voor Kindergeneeskunde), les universités belges et le VVOC (Vlaamse Vereniging voor Ouders van Couveusekinderen).

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