Anticoagulation et inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)

L'analyse a porté sur plus de 1,6 million de patients (âge moyen 76 ans) chez qui 1,7 millions de nouvelles initiations de traitement anticoagulant par voie orale avaient été effectuées, pour fibrillation auriculaire dans 75% des cas. Dans le cadre d'un suivi équivalent à plus de 754.000 personnes-année (PA) et en l'absence de co-prescription d'un IPPP, il a été documenté une incidence ajustée d'hospitalisation pour hémorragie digestive haute de 115/10.000 PA chez les sujets recevant un nouvel anticoagulant (apixaban, dabigatran, rivaroxaban) ou la warfarine. Le taux d'hospitalisations pour hémorragie gastro-intestinale était le plus élevé pour le rivaroxaban (144/10.000 PA) et le plus faible pour l'apixaban (73/10.000 PA). En cas de co-prescription d'un IPP, le risque d'hospitalisation pour hémorragie gastro-intestinale est significativement plus faible (76.000 PA ; HR 0,66) et la différence la plus prononcée est constatée pour le dabigatran (HR 0,49). Ces données suggèrent donc qu'à la fois le type d'anticoagulant et la co-prescription d'un IPP peuvent moduler le risque d'hémorragies digestives chez les personnes âgées et plaident en faveur d'une appréciation du risque hémorragique via notamment une évaluation gastro-intestinale avant de débuter une anticoagulation par voie orale.
WA Ray et al. JAMA. 2018; 320: 2221-30. https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2717474