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Centralisation des opérations : "Cette mesure sauvera des vies"

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Maggie De Block estime que les hôpitaux qui veulent encore pouvoir effectuer des interventions chirurgicales complexes de l'oesophage et du pancréas devront pratiquer un nombre minimal d'opérations par an.

Vincent Claes - 20 décembre 2018

"Les faits parlent d'eux-mêmes : plus l'expertise d'un hôpital en matière de traitement du cancer de l'oesophage et du pancréas est élevée, plus le patient a de chances de voir réussir son traitement", explique la ministre de la Santé publique. La ministre s'appuie sur une étude de la Fondation Registre du Cancer et du KCE qui démontre que les chances de survie en cas de cancer de l'oesophage ou du pancréas sont nettement plus élevées dans les hôpitaux qui pratiquent au moins 20 opérations par an.

Selon une étude de la FRC (période 2008-2015), en ce qui concerne le cancer de l'oesophage, 3,9 % des patients en moyenne décèdent dans les 30 jours suivant l'intervention et 9,3 % dans les 90 jours. Or, dans les centres pratiquant au moins 20 interventions par an, ces taux respectifs s'élèvent à 1,3 % et 5,2 %. En ce qui concerne les interventions chirurgicales du pancréas, le taux de mortalité moyen s'élève pour cette période à 3,9 % après 30 jours et 7,8 % après 90 jours, contre 1,7 % et 5,6 % dans des centres pratiquant un minimum de 20 interventions par an.

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Au moins 20 interventions

"Jusqu'à présent, chaque hôpital en Belgique était autorisé à proposer ces traitements. Conséquence : l'offre est morcelée et deux tiers des patients souffrant d'un cancer de l'oesophage ou du pancréas sont traités dans un hôpital qui n'atteint pas du tout le seuil des 20 interventions par an ", regrette le Cabinet De Block.

À partir du 1er juillet 2019, seuls les hôpitaux qui pratiquent au moins 20 opérations par traitement et par an pourront encore proposer des interventions chirurgicales dans le cadre d'un cancer de l'oesophage ou du pancréas. Maggie De Block veut pouvoir garantir aux patients qu'ils seront soignés par une équipe ayant suffisamment d'expérience. "L'objectif est de rehausser davantage ce seuil minimal afin d'améliorer la qualité des soins aux patients."

Les hôpitaux qui souhaitent proposer des interventions chirurgicales au niveau de l'oesophage et/ou du pancréas devront conclure une convention spécifique avec l'Inami. Pour chacun de ces traitements, ils devront avoir pratiqué au moins 20 interventions en 2016, 2017 ou 2018. À la demande de la ministre De Block, le Comité de l'assurance a approuvé le 17 décembre 2018, les conventions relatives aux interventions chirurgicales de l'oesophage et du pancréas.

Rassemblement des compétences

"Les centres de référence devront élargir leur taux de capacité pour qu'ensemble, ils soient en mesure d'accueillir tous les patients souffrant d'un cancer de l'oesophage et du pancréas. Afin d'éviter qu'entre-temps ces patients ne se retrouvent sur une liste d'attente, les hôpitaux pourront collaborer entre eux. Ils devront alors arriver à 20 interventions collectives par an. Pour cela, ces hôpitaux devront toutefois respecter la condition de centraliser leur offre dans un seul et même hôpital d'ici le 1er janvier 2020 ", précise le cabinet. "Les hôpitaux qui répondent déjà aux critères et ceux qui souhaitent établir des liens de collaboration entre hôpitaux pourront introduire leur dossier jusqu'au 31 mars 2019 auprès de l'Inami."

Sur les 52 hôpitaux ayant pratiqué des interventions chirurgicales de l'oesophage en 2016 ou en 2017, quatre hôpitaux atteignent le minimum de vingt interventions par an : deux en Flandre, un en Wallonie et un à Bruxelles. Grâce aux éventuels liens de collaborations, ce montant pourrait passer à un total de huit centres.

Sur les 55 hôpitaux ayant pratiqué des interventions chirurgicales du pancréas en 2016 ou en 2017, huit hôpitaux en tout atteignent le seuil minimal de vingt opérations : cinq en Flandre, trois en Wallonie et deux à Bruxelles. Des liens de collaborations permettraient de faire passer ce montant à quatorze centres au total.

Publication nominative des résultats

A l'avenir, au moment d'évaluer les conventions, les variables de résultat, telles que le taux de mortalité postopératoire, seront prises en compte. Aujourd'hui, seul le nombre d'interventions est évalué.

" Il est en effet important d'atteindre un volume minimal pour pouvoir acquérir une expertise suffisante ", commente Maggie De Block. "Mais ce n'est pas parce qu'un centre a suffisamment de volume qu'il dispose automatiquement d'une qualité suffisante. C'est pourquoi, lors de l'évaluation des conventions, les résultats du traitement seront également pris en compte. Les données de chaque centre seront publiées, car le patient a droit à ces informations. "

Un souci de transparence qui risque de ne pas plaire à tout le monde. En 2014, l'Agence intermutualiste (AIM) et les mutualités avaient déjà publié, par hôpital, le nombre de patients ayant subi une intervention chirurgicale pour ces cancers de l'oesophage ou du pancréas et plaidaient pour une concentration des compétences en matière de soins pour les affections rares et complexes.

Cette centralisation des soins oncologiques complexes dans un nombre limité de centres de référence s'inscrit dans l'actuelle réforme du paysage hospitalier. Des mesures de concentration des traitements pourraient être prises pour d'autres cancers complexes (le cancer du poumon ou les cancers de la tête et du cou), et ce, toujours sur la base de preuves scientifiques.

V.C.

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