Particules fines, température extérieure et fonction pulmonaire

L'exposition soudaine à un air froid et sec constitue un facteur déclenchant de bronchoconstriction. Or, on connaît mal l'impact des fluctuations quotidiennes de la température extérieure sur la fonction pulmonaire. Cet aspect a fait l'objet d'une étude menée auprès de 5 896 patients des études Framingham Heart Study Offspring et Third Generation Cohorts menées dans le nord-est des États-Unis.
Cette étude s'est également penchée sur l'effet éventuel de la température sur l'association préétablie entre la pollution atmosphérique et la fonction pulmonaire. Pour aboutir à leur résultat, les auteurs ont développé des modèles linéaires d'effets mixtes. Dans les modèles linéaires entièrement corrigés, chaque augmentation de 5 °C de la température, par rapport à la semaine précédente, a été associée à une réduction de 20 ml du VEMS (-34 à -6). Toutefois, cette association inversement proportionnelle entre la modification de température et la fonction pulmonaire n'était significative que durant l'hiver et le printemps.
Lorsqu'il faisait chaud hors saison, la quantité de particules fines durant le jour précédent était elle aussi inversement proportionnelle à la fonction pulmonaire, ce qui n'était pas le cas durant les jours froids hors saison. Le même schéma a été observé avec d'autres substances polluantes.
Les auteurs ont donc supposé que les différences en termes de fonction pulmonaire selon la température pourraient s'expliquer par les modifications du comportement durant les jours de chaleur relative, dans la mesure où les patients sont davantage exposés au grand air ces jours-là.
Rice MB et al. Association of Outdoor Temperature with Lung Function in a Temperate Climate. ERJ 2018; early view December 21. DOI: 10.1183/13993003.00612-2018