Postes de garde: ce qui a bougé en 2018

Depuis le gel du financement des postes médicaux de garde (PMG) en 2015, la garde peine à se développer. Un fait particulièrement criant dans les zones en pénurie de médecins généralistes, à l'instar de la province de Luxembourg. Pourtant, en 2017, Maggie De Block lance un plan de réforme de la garde basé sur un cluster de 300.000 habitants qui organise coordination, accueil, visites à domicile et visites de nuit. Les médecins de famille trouvent depuis la parade et arrivent à développer des solutions du nord au sud du pays, sans oublier Bruxelles.
La réforme des PMG sera déployée au cours des prochaines années. C'est l'annonce de Maggie De Block du début 2018. La garde médicale sera désormais organisée selon le dispositif d'un cadre légal encore à créer, sous la forme de structures de coopération s'adressant à au moins 300.000 habitants. Ces structures de coopération comportent comme élément essentiel les PMG, au minimum trois par structure. Une cellule inter-administrative (créée en mars 2018 conformément à l'accord Medicomut), assurera le déploiement coordonné des structures de coopération, des PMG et leur connexion avec le 1733, numéro de téléphone unique porte d'accès au système de garde.
À cette annonce, les cercles ont tôt fait de réagir. En deux mots, ils craignaient pour leur avenir, financier notamment. La pièce est tombée en Medicomut tardivement fin décembre : un financement ajusté des postes de garde pour 2019 a été approuvé, ce qui garantit une sécurité financière pour les PMG. Pour une année du moins.
Particularités régionales
Les attentes et les désirs varient considérablement d'une sous-région à l'autre du pays, le Namurois et la province du Luxembourg étant à l'évidence sur un mode de raisonnement différent des médecins généralistes de Liège ou de Charleroi. Et a fortiori de Bruxelles. Sans parler de nombreuses zones de Flandre où les médecins généralistes font preuve d'une certaine allergie à la notion de poste médical de garde fixe (" physique "). Chaque province a finalement ses spécificités et organise la garde à sa sauce.
" Je plaide en tout cas pour que la ministre s'assure du soutien de l'ensemble des professionnels généralistes pour la garde, et je ne pense pas que le modèle univoque de poste médical physique ouvert avec consultation sur place soit l'unique réponse aux besoins de la population et des collègues ", exprimait fin octobre le Dr Jacques de Toeuf, vice-président de l'Absym. " C'est tout le débat sur les honoraires de disponibilité. Il serait bien d'accorder les subsides selon les résultats obtenus et la satisfaction des patients quels que soient les modèles adoptés. Bien sûr, dans les zones (la majorité des cercles sont dans ce cas) où un poste médical de garde fixe est ouvert, la subsidiation des investissements et des coûts opérationnels est la règle. Le modèle sans poste fixe devrait recevoir des subsides pour la gestion des appels, l'émission des factures et attestations de soins, le rapportage administratif, l'IT et les transports de la même façon que les PMG. "
La ministre De Block, ou plutôt le futur ministre fédéral de la Santé, tiendra-t-il en compte les spécificités régionales et même locales de l'organisation des soins ? Rien n'est moins sûr.
Bruxelles en tête
On n'oubliera pas de mentionner que Bruxelles est la première région à se doter d'un plan stratégiquepour implanter au mieux les PMG. L'idée sous-jacente est de prendre en compte le déficit de financement ainsi que le désengorgement des urgences, problème connu de longue date, surtout à Bruxelles. " La Région Bruxelles-capitale est la première région à procéder de la sorte ", se félicite Ellen Stassart , directrice générale de la Garde bruxelloise (GBBW). "Nous avons réellement dû nous battre pour avoir au moins six postes de garde d'ici 2020. "
Cette bataille porte néanmoins ses fruits puisque trois postes de garde ont ouvert leurs portes récemment : le PMG 1030 il y a un an sur le site Paul Brien, le PMG 1040 dans l'aile gériatrique des Cliniques de l'Europe, sur le site de St-Michel en novembre dernier et le PMG 1190 tout récemment - début décembre - pour desservir le sud de Bruxelles, implanté sur le site de l'hôpital Molière Longchamp (Iris-sud).
L'emplacement de ces PMG n'est dû au hasard. Il été étudié avec soin par la GBBW. " Les six PMG bruxellois ont fait l'objet de l'étude Brijs de l'Université d'Hasselt ", commente Ellen Stassart. " Nous nous sommes basées sur deux analyses, validées par l'Inami, pour installer les PMG aux endroits qui convenaient le mieux. "