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Grâce à l'IA, un smartphone peut diagnostiquer la dépression

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Des chercheurs de Stanford sont parvenus à démontrer que des logiciels analysant les expressions du visage en trois dimensions et la voix pouvaient déceler des symptômes de dépression. Rendue possible grâce à l'amélioration constante de l'intelligence artificielle embarquée dans les téléphones, cette nouvelle avancée techno-médicale a donné des résultats très prometteurs.

Luc Ruidant - 17 janvier 2019

Alors qu'il y aurait environ 300 millions de personnes touchées par la dépression dans le monde, l'équipe de Stanford estime qu'à cause de la stigmatisation sociale, du coût des traitements et de leur accessibilité, 60% des adultes atteints d'une maladie mentale ne bénéficient pas d'un accompagnement médical.

Trop de personnes souffrant de dépression n'osent effectivement pas encore consulter un spécialiste pour recevoir un diagnostic. Sachant aussi que les troubles mentaux sont bien plus difficiles à détecter que les pathologies physiques, des chercheurs américains ont décidé de concevoir un outil capable de diagnostiquer la dépression avec un simple smartphone.

Fei-Fei Li, une experte ayant déjà travaillé chez Google, et ses collègues ont mis au point un modèle d'apprentissage automatique (machine-learning). L'intelligence artificielle (IA) au coeur du projet a été nourrie de milliers d'heures d'interviews de personnes diagnostiquées dépressives. L'ordinateur a appris à reconnaître les signes et les symptômes, parfois subtils, qui différencient une personne dépressive d'une autre. Ces détails se cachent autant dans les expressions faciales que dans la tonalité de la voix ou encore les mots utilisés.

Une des particularités réside dans la façon dont les interviews ont été menées. Les personnes interrogées parlaient directement à un avatar contrôlé par un membre de l'équipe de recherche.

Le résultat est sans appel. L'IA a correctement distingué les personnes dépressives avec un taux de succès supérieur à 80% (sensibilité de 83,3% et spécificité de 82,6%).

Bien sûr, les chercheurs soulignent que ce genre de tests ne peut pas valoir de diagnostic exact à 100% et qu'il ne remplace pas un vrai diagnostic établi par un médecin dans un hôpital. Mais l'idée est bien d'alerter, d'augmenter l'accessibilité au diagnostic et de permettre une intervention plus rapide.

Les auteurs ajoutent que leur technologie multimodale pourrait être déployée sur les smartphones du monde entier, à condition qu'ils soient équipés d'un micro et d'une caméra, et qu'elle devrait faciliter un accès universel à faible coût aux soins de santé mentale.

(référence : arXiv, prépublication, 27 novembre 2018)

https://arxiv.org/abs/1811.08592

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