Un nouveau risque associé aux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ?

Une méta-analyse de résultats observationnels attire l'attention sur un risque éventuellement accru de fractures de hanche chez les sujets prenant des IPP.
Les investigateurs taïwanais ont pris en compte 24 études observationnelles publiées entre 1990 et 2018 et comportant au moins 500 sujets ayant été suivis pendant au moins 1 an. Ces études représentent une population globale de 2.103.800 sujets et 319.568 cas de fracture de hanche.
Par rapport aux sujets non traités par IPP, le risque de fracture de hanche est accru de 20% (HR 1,20 ; IC 95% 1,14-1,28) pour les sujets traités par IPP (p<0,0001).
Ce risque croît
• avec la dose d'IPP: faible 1,17 (1,05-1,29) p=0,002, modérée 1,28 (1,14-1,44) p<0,0001 et forte 1,30 (1,20-1,40) p<0,0001;
• avec la durée de traitement: court terme 1,20 (1,15-1,25) p<0,0001, long terme 1,24 (1,10-1,40) p<0,0001.
Aucune augmentation de risque n'a été constatée chez les sujets recevant des anti-H2.
La conclusion aussi conservative que judicieuse des investigateurs est qu'il faut d'une part s'assurer du bien-fondé de la prescription et d'autre part y réfléchir à deux fois avant de prescrire des IPP au long cours. Cela vaut de façon générale et encore plus particulièrement chez les sujets ayant déjà un risque accru de fractures de hanche quelle qu'en soit la raison.
TN Poly et al. Osteoporos Int. 2018 Dec 12. [Epub ahead of print]. https://link.springer.com/article/10.1007/s00198-018-4788-y