Le stress pourrait altérer la mémoire et rétrécir le cerveau

Des neurologues ont mis en évidence une corrélation entre un taux élevé de cortisol et des capacités amoindries de mémorisation et de réalisation d'autres tâches cognitives chez des adultes âgés de 40 à 50 ans environ. Une augmentation du cortisol dans le sang est également associée à des volumes cérébraux plus faibles.
Les chercheurs ont recueilli des données auprès de 2 231 personnes, âgées en moyenne de 48,5 ans, sans historique de démence, et provenant de la fameuse cohorte Framingham Heart. Ils leur ont fait passer des tests cognitifs analysant leur mémoire, leurs facultés de raisonnement abstrait, leur perception visuelle, leur attention et leurs capacités motrices. Parmi elles, 2 018 ont également subi une IRM afin de mesurer leur volume cérébral.
Le taux de cortisol, une des hormones impliquées dans la survenue du stress, a été évalué par prélèvement sanguin tôt le matin (entre 7h30 et 9h00), à jeun, au moment du pic physiologique du cortisol dans l'organisme.
Les scientifiques ont remarqué une association entre les taux plus élevés de cortisol sanguin et les scores inférieurs aux tests de mémoire et de cognition de même qu'une diminution du volume cérébral total, en particulier chez les femmes, et des volumes de matière grise du lobe occipital et du lobe frontal.
Par ailleurs, le fait de porter APOE4, un facteur de risque génétique pour les maladies cardiovasculaires et celle d'Alzheimer, ne s'avère pas associé à un taux de cortisol plus élevé.
Les auteurs encouragent les médecins à surveiller le taux de cortisol de leurs patients stressés et à les sensibiliser sur les moyens de réduire le stress.
(référence : Neurology, 24 octobre 2018, doi : 10.1212/WNL.0000000000006549)