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L'activité physique peut prévenir la dépression

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En utilisant des données génétiques, des chercheurs américains apportent pour la première fois la preuve que la pratique soutenue d'une activité physique peut constituer une stratégie efficace pour prévenir la dépression.

Luc Ruidant - 14 février 2019

Jusqu'ici, c'était un peu l'énigme de l'oeuf et de la poule. De nombreuses études avaient montré un lien entre le niveau d'activité physique et le taux de dépression mais sans que l'on puisse réellement savoir si c'était l'exercice qui réduisait les symptômes de la dépression de façon causale, ou si c'était la dépression qui entraînait une réduction de l'activité physique.

Des chercheurs du Massachusetts semble avoir tranché la question. Ils affirment que la pratique régulière d'une activité physique est une réelle mesure préventive de la dépression.

Pour prouver ce lien de causalité, ils ont recueilli les données de base de deux façons différentes. La première s'est fondée sur les activités physiques auto-déclarées de 377 234 participants, et la seconde sur la lecture de capteurs de détection de mouvements appelés accéléromètres, portés aux poignets de plus de 91 084 participants.

La technique utilisée, appelée randomisation mendélienne, a consisté à examiner des variants génétiques indépendants liés aux deux phénotypes d'activité physique (auto-déclarés et basés sur un accéléromètre objectif) et à un trouble dépressif majeur détecté chez 143 265 personnes. Les auteurs avaient identifié ces variants à l'aide des résultats d'études d'association pangénomique à grande échelle.

Les résultats montrent que l'activité physique évaluée objectivement, mais pas quand elle est auto-déclarée, protège contre le risque de dépression et que n'importe quelle activité semble être mieux que rien. "Nos calculs approximatifs suggèrent que le remplacement de la position assise par 15 minutes d'une activité de pompage cardiaque comme la course à pied, ou par une heure d'activité modérément vigoureuse telle que la marche, est suffisant pour produire l'augmentation moyenne des données de l'accéléromètre qui est associée à un risque de dépression plus faible", précise le Pr Karmel Choide.

Ces données peuvent s'avérer très utiles pour les personnes génétiquement prédisposées à faire des dépressions par exemple, ou pour celles qui évoluent dans des environnements stressants.

(référence : JAMA Psychiatry, 23 janvier 2019, doi :10.1001/jamapsychiatry.2018.4175)

https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2720689

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