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"MG ? Un métier aux multiples facettes !"

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C'est sous ce thème que s'est déroulée la 4e MED-G Day organisé par l'ULB. " Un rendez-vous d'information et d'orientation pour les étudiantes et étudiants de la Faculté destiné à mettre en lumière la diversité et la richesse des parcours professionnels du médecin généraliste. " En espérant qu'ils nourriront nombreux les sous-quotas de MG...

Nicolas de Pape - 14 février 2019

En préambule de la séance d'explication focalisée sur les masters et les masters complémentaires, plusieurs stands d'organismes sociaux et d'ONG tels que l'ONE, Médecins du monde, le Réseau d'aide aux toxicomanes, la Fédération des maisons médicales et quelques autres étaient proposés aux étudiants.

Après une introduction "maternelle" du Dr Nadine Kacelenbogen, Pierre-Joël Schellens, médecin généraliste, chargé de cours, animateur du Séminaire interdisciplinaire au Pôle Santé de l'ULB et qui travaille en cabinet et en polyclinique a expliqué aux étudiants, essentiellement de 6e, ce qui les attendait. En ambassadeur de sa spécialité, il a rappelé que "le MG met en valeur des capacités psychologiques et émotionnelles, son métier a du sens, son patient lui renvoie beaucoup de gratitude..."

L'ULB à la pointe en MG

Véritable avocat de son université, le Dr Schellens a ensuite expliqué à quel point la médecine générale avait une présence forte au sein de la Faculté de médecine de l'ULB. Dès le Bac3, elle propose un cours d'introduction à la MG. Entre le Bac3 et le Master1, l'étudiant se voit proposer un stage d'une semaine en MG puis d'un mois avec un maître de stage. Le futur médecin suivra également un programme pédagogique de suivi du patient chronique et un séminaire de debriefing sur " comment remplir un DMI ".

L'étudiant étudiera ensuite l'hématologie et la cancérologie à travers un regard de MG sur ces spécialités. Il apprendra à communiquer une mauvaise nouvelle, résoudra des problèmes cliniques et suivra un séminaire d'apprentissage à la collaboration avec d'autres professionnels de santé. Le dernier Master propose aussi un enseignement dit " transversal " avec notamment un séminaire d'apprentissage clinique pour lequel il sera confronté à cinq examinateurs spécialistes et un MG lors de l'examen de compétence clinique.

De janvier à juin de la 6e année, il sera demandé aux futurs généralistes deux stages dont un dans un cabinet de MG ou une maison médicale.

Ensuite, place aux trois ans de masters complémentaires avec un passage par l'asbl qui règle les problèmes financiers entre stagiaires et maîtres de stage et qui veille à éviter les horaires de travail insoutenables, le fameux CCFFMG (Centre de coordination francophone pour la formation en médecine générale - www.ccffmg.be). C'est là que, via l'application Fordoc, le candidat MG et le maître de stage identifient leurs données, préparent les conventions de coordination, de maîtrise de stage, de formation, encodent les états de prestations et suivent les paiements des salaires.

Longues vacances

Après de " longues vacances " (si l'impétrant a réussi sa première session), le futur MG démarre sa spécialité autour du 15 septembre. On lui offre une " boîte à outil " pour être plus performant avant la 1ère année d'assistanat. Au cours de ces trois ans, il passera de six mois à un an dans un hôpital (si deux fois six mois, dans deux hôpitaux différents). Il suivra théoriquement 14 séminaires sur les 17 organisés soit l'équivalent de 40 heures de séminaire à 15 étudiants avec un ou deux spécialistes séminaristes ainsi qu'une offre de cours le samedi (six fois un demi-jour).

La cote finale dépendra de l'évaluation relative à cette formation pratique et aux séminaires ainsi qu'au Travail de fin d'étude (TFE). Sa défense se fera devant un jury de trois profs représentant les trois Facultés de médecine complètes du pays (le TFE débouche également sur la possibilité d'être sélectionné pour le prix du Généraliste du journal du Médecin). Enfin, un examen de compétence clinique permet d'évacuer les " cas désespérés " qu'il vaut mieux ne pas destiner à la médecine générale...

Formation IVG proprement dite

Le GACEHPA (Groupe d'action des centres extra-hospitaliers pratiquant l'avortement) forme les MG à la pratique des IVG. On dissocie la gynécologie et la pratique d'avortements. Certains sont prêts à faire de la gynécologie et pas d'avortement. Ils apprennent les IVG par aspiration et par médicament. 80% des avortements sont pratiqués par des MG dans lesdits plannings. Les plannings dans le giron de l'ULB sont idéologiquement pro-IVG. Cette formation fait partie pour cette raison de la formation des MG à l'ULB. On y estime en effet que les femmes sont propriétaires de leur corps.

Formation en planning gynécologie

Les formations en planning à l'ULB consistent à sensibiliser les MG au dépistage des infections sexuellement transmissibles, aux différents types de moyens de contraception mais aussi au placement et retrait d'un implant ou d'un stérilet. On y parle de sexualité sans tabou, sans être " hétérocentré" (sic). Qui dit santé sexuelle, dit violence intra-familiale, viols. La patiente n'avoue pas ce qu'elle a subi, il faut le deviner. Avoir un rendez-vous chez le gynécologue est parfois compliqué. Le planning permet de faire des frottis et surtout de soigner la patiente dans sa globalité pas seulement de ses problèmes gynécologiques. Des cours de pratique (utiliser un speculum) et des stages en planning sont prévus dont la formation. Le MG sera également éclairé pour parler de sexualité aux transgenres et intersexes. La formation débute en octobre 2019...

L'expérience en maison médicale

Le jeune Vincent Huberland a témoigné de sa récente expérience en maison médicale. "Mon parcours n'est qu'un exemple de ce que l'on peut faire en médecine générale. Master en 2015 jusqu'il y a six mois, je voulais faire la pédiatrie. Puis je me suis rendu compte que les adultes m'intéressaient aussi. Le fait d'être au contact avec la première ligne, la société et pas seulement dans le monde artificiel de l'hôpital m'attirait. Je me suis lancé. J'ai fait deux ans d'assistanat en maison médicale. " Il y a dans ce domaine plus de maîtres de stage qui cherchent des stagiaires que le contraire. "À Saint-Gilles, dans la maison médicale, j'ai découvert le travail de groupe avec d'autres professionnels de santé comme les infirmières et les assistants sociaux depuis l'origine. L'idée est de donner des soins globaux... C'est une démarche de santé 'communautaire'. " En parallèle à cet assistanat, le Dr Huberland a profité d'un programme très précieux d'engagement dans différentes consultations bénévoles dans le cadre de Médecins du monde (plan hiver) sur des publics très précarisés. "J'ai été également administrateur d'une association qui traite les IST (dépistage dans la communauté gay) et dans des associations qui combattent l'assuétude aux drogues. On y gagne en qualité des soins qu'on donne. J'ai terminé mon assistanat il y a un an et j'ai fait depuis des remplacements. J'ai travaillé un an au centre médical Enaden, structure qui fait des consultations de patients addictifs à la drogue ou à l'alcool. Ils cherchaient un psychiatre depuis des années. Ne le trouvant pas, ils m'ont engagé. J'ai travaillé en centre de cure en tant que MG. Nous avons les compétences qui nous permettent d'amener un point de vue différent. "

En parallèle, on l'a sollicité voici deux ans pour un projet de nouvelle maison médicale. "J'ai dit oui. On a constitué une équipe multidisciplinaire et on a fait une étude géographique de la répartition des précarités. Finalement, on a décidé de s'installer à Etterbeek. Nous sommes ouverts depuis quatre mois. "

Délices de la médecine rurale

Le Dr Géraldine Lefèvre s'est installée à Libramont en octobre 2018. Elle était très intimidée par la médecine rurale. Mes ses craintes étaient non fondées. " Le métier est très varié en province. C'est gratifiant." Il y a une grande solidarité avec les médecins réunis sous " Santé Ardenne " qui regroupe quatre associations de MG : l'UOAD, l'AMGCA, l'AMGSL et l'AMGFA. Les pratiques de groupe se développent ainsi que les maisons médicales. " Un nouveau système de garde met les jeunes MG particulièrement à l'aise. La région compte neuf maisons médicales, sept postes médicaux de garde et six hôpitaux. La médecine est très variée, des petits bobos aux sutures, petite chirurgie, ECG, plâtre, échographie... Il n'y a pas de routine, c'est très intéressant. Le MG est vraiment au centre. On traite également des patients en fin de vie. On arrive à créer une relation de proximité avec les patients et les soignants. On réalise beaucoup de visites à domicile. En raison des pénuries, les médecins âgés nous accueillent à bras ouvert. " www.santeardenne.be renseigne des endroits où on recherche des nouvelles recrues. Des bourses au logement existent...

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