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Coloscopie pour dépistage du cancer colorectal. A quelle fréquence ?

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Chez les sujets sans risque particulier dont la coloscopie est normale, le délai le plus souvent recommandé avant un nouvel examen est de 10 ans. Les preuves étayant cette recommandation sont cependant limitées.

Dr Jean-Claude Lemaire - 26 février 2019

Cette situation justifie pleinement l'étude communautaire américaine ayant évalué l'impact d'une coloscopie négative sur le risque de développer un cancer colorectal et d'en mourir par comparaison avec une population de sujets non dépistés.

Ce travail rétrospectif a concerné 1.251.318 personnes (51% d'hommes, âge moyen 55,6 ± 7,0 ans). Les résultats montrent que par rapport aux sujets non dépistés, tout au long d'un suivi pouvant aller jusqu'à plus de 12 années pleines, il existe une réduction du risque annuel ajusté de développement d'un cancer colorectal allant de 46% à 95% et de décès spécifique allant de 29% à 96%.

Fort logiquement, les niveaux de réduction de ces deux risques diminuent au fur et à mesure que les années passent, mais les investigateurs rapportent que pour l'intervalle recommandé de 10 ans, le risque de développement d'un cancer colorectal est réduit de 46% (toutes localisations et tous stades confondus) et le risque de décès spécifique de 88%.

A noter toutefois que la réduction du risque n'est plus significative (inclusion de l'unité dans l'intervalle de confiance 95%) au-delà de la 7ème année pour les cancers proximaux et au-delà de la 9ème année pour les cancers distaux, ce qui pourrait le cas échéant faire revoir le délai de 10 ans (notamment pour les sujets les plus jeunes) et ou faire envisager un autre examen de dépistage dans l'intervalle (test immunologique).

A suivre.

JK Lee et al. JAMA Intern Med 2019; 179: 153-60. https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2718339

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