Cancer de l'oesophage, apports de la génétique

Une cartographie détaillée des mutations impliquées dans la genèse et la progression de l'adénocarcinome oesophagien ouvre de nouveaux espoirs thérapeutiques et laisse envisager une approche personnalisée.
Des chercheurs du centre de recherche sur le cancer de l'Université de Cambridge ont utilisé le séquençage du génome entier pour repérer l'ensemble des gènes encodant des protéines et y rechercher des mutations sur une population de 551 sujets ayant un adénocarcinome oesophagien, une des formes les plus fréquentes de cancer de l'oesophage en Europe.
Les investigateurs ont pu identifier 77 gènes et 21 zones non codantes du génome impliqués dans la survenue des adénocarcinomes et en moyenne chaque tumeur analysée était porteuse de 4,4 anomalies génomiques.
Fait intéressant, 99% des sujets étudiés étaient porteurs de mutations impliquées dans l'origine de leur cancer et dans plus de la moitié des cas, ces mutations étaient sensibles aux inhibiteurs de CDK 4/6, type de molécules déjà utilisées en oncologie, notamment dans le traitement de cancers du sein, ce qui devrait favoriser la mise en oeuvre d'essais cliniques établissant leur impact dans les adénocarcinomes oesophagiens.
Deux autres faits notables sont à mentionner
D'une part, il a été constaté que les femmes présentaient plus de mutations de KRAS que les hommes, ce qui pourrait indiquer un sous-type différent de cancer chez les femmes et suggère par conséquent qu'elles pourraient être éligibles à des traitements différents pouvant influencer leur pronostic. D'autre part, les investigateurs avancent que leurs travaux devraient bénéficier aux sujets les plus âgés, population particulièrement à risque, mais rarement susceptible d'avoir la forme physique suffisante pour être en mesure de supporter les traitements actuels basés sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
AM Frankell et al. Nat Genet. 2019 Feb 4. [Epub ahead of print]. https://www.nature.com/articles/s41588-018-0331-5