Traitement ARV et grossesse: enfin une étude européenne

La plupart des données relatives à l'impact d'un traitement ARV initié en cours de grossesse sur son déroulement et sur l'accouchement nous viennent de pays à faible revenu, principalement du continent africain, d'où l'intérêt pour cette étude publiée dans la revue AIDS, centrée sur les femmes européennes puisque près de la moitié des patientes recrutées venaient du Royaume Uni et d'Irlande.
Cette étude concerne le déroulement de 7.200 grossesses non gémellaires avec naissance viable intervenues entre 2008 et 2014 chez des femmes dont le statut VIH a été mis en évidence lors du diagnostic de grossesse ou durant celle-ci et placées sous traitement au moins deux semaines avant l'accouchement. De cette étude, trois conclusions sont intéressantes. La première concerne l'évolution, sur une quasi décennie, des INTI prescrits. On observe en effet un glissement, au fil du temps, de zidovudine/lamivudine vers abacavir/ lamivudine ainsi que vers des combinaisons axées sur ténofovir (INtTI)/emtricitabine.
Le second point majeur vient du constat rassurant que les traitements ARV n'augmentent pas le risque d'accouchement prématuré, ici de 10%, ou de petit poids pour l'âge gestationnel, ici de 11,1%.
Ces chiffres sont dans la moyenne de ceux observés en Europe chez les femmes menant une grossesse en dehors de tout contexte VIH. Enfin, la troisième conclusion à retenir pour la pratique clinique vient du constat selon lequel les traitements par abacavir/lamivudine et par ténofovir/emtricitabine sont moins susceptibles d'induire un accouchement prématuré et/ou un faible poids de naissance que le recours à la combinaison plus ancienne associant zidovudine/lamivudine.
Réf: European Pregnancy and Paediatric HIV Cohort Collaboration (EPPICC) Study Group, AIDS mise en ligne sur site 01/02/2019.