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Quel remède contre les déserts médicaux ?

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La problématique n'est pas neuve : l'accès aux soins dans les zones reculées est plus complexe. Une vérité qui touche la Belgique, par exemple dans le Luxembourg mais également dans les Fagnes. La France, qui connaît davantage de déserts médicaux vu l'étendu du pays, mise sur la télémédecine pour pallier la situation. Quelles leçons en tirer ?

Laurent Zanella - 14 mars 2019

Les nouvelles technologies s'immiscent peu à peu dans la vie des médecins. C'est vrai chez nous, en Belgique, où l'Ordre des médecins accompagne tant bien que mal les changements induits entre autres par la télémédecine. Mais c'est surtout vrai chez nos voisins Français, qui, en zone rurale, sont un sur deux à avoir du mal à trouver un médecin.

Selon la récente étude Viavoice en partenariat avec la Fédération de l'hospitalisation privée, depuis cinq ans, deux millions de personnes supplémentaires sont concernées par la désertification médicale. Près d'un Français sur cinq est aujourd'hui concerné (18% de la population). Résultat : un tiers des Français déclare rencontrer des difficultés à se faire soigner correctement, notamment en raison de l'éloignement géographique avec les centres de soins.

Télésuivi

La télésurveillance et la téléconsultation disposent déjà d'un cadre légal en France. Et les deux technologies jouissent de l'appui de l'Ordre des médecins et de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. " Ces deux technologies, complémentaires aux consultations en centre de santé, améliorent le quotidien des patients situés dans des déserts médicaux ", estime Serge Massot, CEO de Tmm Software, société spécialisée en logiciels eSanté. " Les enjeux sont importants ! Par exemple, en cas d'AVC, nous savons qu'il faut prendre en charge le patient dans les trois heures pour pouvoir le sauver et minimiser les séquelles. La télésurveillance médicale au domicile prend donc tout son sens pour les patients " isolés ". Elle permet de suivre l'évolution de leur état de santé au quotidien via l'enregistrement de leurs constantes, d'en prévenir les complications et ainsi d'éviter les hospitalisations d'urgence ou de graves conséquences. "

La téléconsultation, estime l'homme, améliore grandement l'accès aux soins des personnes âgées et/ou handicapées, en particulier lorsqu'elles vivent dans des zones reculées. Et ce sans se substituer au corps médical.

Pour ce qui est de la télésurveillance, elle permet le suivi en continu des patients. Loin de la déshumanisation des soins, la technologie permet d'éviter aux patients des déplacements inutiles, et les coûts inhérents à ces déplacements. " La télésurveillance médicale répond au " désert informationnel " par la mise à disposition d'informations actualisées directement sur le smartphone des patients (éducation thérapeutique, informations sur le traitement, les pathologies...). "

Que retenir ?

Avec la formation des réseaux, le risque existe pour le patient de voir s'éloigner l'hôpital de référence. La téléconsultation permettrait effectivement de garantir la proximité avec le corps médical en évitant les déplacements inutiles. Même le médecin généraliste peut tirer un bénéfice de la technologie puisqu'il sera généralement le plus proche pour intervenir chez un patient résidant loin d'un l'hôpital de référence.

Service obligatoire

Le Dr Patrick Laine, médecin généraliste à Saulnot en Haute-Saône, a lancé une pétition inhabituelle. Il incite la ministre Agnès Buzyn à aller " plus loin que les politiques d'incitation à l'installation et d'aménagement du territoire " et invoque " l'urgence " des déserts médicaux.

Sa proposition phare ? Contraindre les jeunes généralistes à effectuer leur première année d'exercice en territoire sousmédicalisé. Cette obligation de service d'intérêt public d'un an dans les déserts médicaux est destinée aux jeunes généralistes nouvellement inscrits à l'Ordre des médecins, avant leur libre installation. Avec cette mesure, le médecin français espère éviter à certains de patients de se retrouver sans médecin le jour où leur généraliste prendra sa pension. " Je soigne quatre générations, il y a des gens que je suis obligé d'aller voir chez eux car ils ne peuvent plus se déplacer. Et ces gens-là, qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Je ne sais pas ", relatent nos confrères du Quotidien du médecin.

Beaucoup de confrères ont déjà réagi à l'article sur le site du quotidien. L'éccueil majeur : la problématique de l'attractivité de la profession. " Ce type de mesure ne sera pas efficace, et enverra même encore un mauvais signal en terme d'attractivité de la profession ", estime un lecteur. Un argument qui trouve écho dans bon nombres de pensées de médecins généralistes belges.

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