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Troubles fonctionnels digestifs, tout n'est pas dans la tête

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Les manifestations fonctionnelles digestives telles que le côlon irritable et la dyspepsie sont souvent mises sur le compte d'un contexte psychologique particulier, mais ce n'est probablement pas la seule hypothèse à envisager.

Dr Jean-Claude Lemaire - 19 mars 2019

Certains travaux ont notamment mise en avant le rôle possible d'un certain degré de suractivation immunitaire et d'un terrain atopique.

Sur cette base, une équipe australienne a mené une enquête via internet pour déterminer si les maladies auto-immunes et allergiques étaient associées aux manifestations fonctionnelles digestives de façon totalement indépendante du désarroi psychologique.

Au sein d'un échantillon de population sélectionné au hasard dans la population australienne, 43% (n=3.542, âge moyen 58 ans, 53% de femmes) ont fourni des renseignements sur les éventuels diagnostics de maladies auto-immunes et allergiques posés par un médecin et ont rempli un questionnaire évaluant leur niveau de confort psychologique et recherchant les critères Rome III de côlon irritable et de dyspepsie fonctionnelle.

L'analyse univariée montre que l'asthme, l'allergie alimentaire, aux pollens et aux animaux, le psoriasis et la polyarthrite rhumatoïde sont significativement associés au syndrome du côlon irritable et à la dyspepsie fonctionnelle.

Après ajustement pour l'âge, le genre et le désarroi psychologique, il s'avère que sont à considérer comme des facteurs de risque indépendants de syndrome du côlon irritable :

• les allergies alimentaires OR (IC 95%) 1,66 (1,15-2,40) p=0,007,

• le psoriasis OR 1,81 (1,19-2,74) p=0,006,

• la polyarthrite rhumatoïde OR 1,68 (1,15-2,45) p=0,007.

Pour la dyspepsie fonctionnelle il s'agit de l'asthme OR 1,32 (1,04-1,68) et des allergies alimentaires OR 1,78 (1,28-2,49) p=0,001.

En dépit de toutes les réserves que l'on peut faire sur les résultats de telles enquêtes via internet, ce travail a au moins le mérite de montrer qu'en matière de troubles fonctionnels digestifs, tout n'est pas dans la tête.

N Koloski et al. Aliment Pharmacol Ther. 2019; 49: 546-55. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/apt.15120

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