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Antiviraux à action directe et hépatite chronique C

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Une équipe française a comparé "en vie réelle" l'évolution clinique de patients infectés par le virus de l'hépatite C selon qu'ils étaient traités ou non par antiviraux à action directe.

Dr Jean-Claude Lemaire - 19 mars 2019

Il est connu que les antiviraux à action directe (AAD) sont particulièrement efficaces pour éliminer le virus de l'hépatite C (VHC), l'élimination étant en général obtenue après 8 à 12 semaines de traitement chez environ 95% des patients infectés.

Les données prospectives d'impact sur l'évolution clinique sont en revanche limitées et concernent essentiellement des patients très sélectionnés, ce qui fait tout l'intérêt d'un travail ayant concerné 9.895 patients infectés par le VHC.

Ces patients ont été inclus entre 2012 et 2015 dans la cohorte ANRS CO22 HEPATHER, dont 7.344 traités par AAD et 2.551 patients non traités par AAD.

Dans le cadre d'un suivi médian de 33 mois,

• 218 patients sont décédés (129 traités par AAD, 89 non traités par AAD),

• 258 ont développé un carcinome hépatocellulaire (187 traités, 71 non traités)

• 106 ont développé une cirrhose (74 traités, 32 non traités).

Après ajustement sur différents facteurs individuels tels que l'âge, le sexe, l'IMC, l'avancement de la maladie, la voie d'infection ou les comorbidités, il s'avère que par rapport aux patients au même stade de la maladie non traités par AAD, les patients traités par AAD ont une probabilité de mortalité diminuée de 52% et leur risque de développer un cancer du foie est diminué de 33%. Il n'y a en revanche pas de différence significative en termes d'évolution vers la cirrhose.

Au vu de ces résultats, il est conclu que le traitement par AAD devrait être envisagé chez tous les patients avec infection chronique par le VHC.

F Carat et al. Lancet 2019 Feb 11. [Epub ahead of print]. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32111-1/fulltext

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