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Nouveaux revers pour les inhibiteurs de la pompe à proton

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Un travail récent révèle une association entre l'usage prolongé d'IPP et le risque accru de problèmes rénaux (1), un autre signale une interaction entre antacides et pazopanib qui minore les chances de survie de patients cancéreux (2).

Dr Jean-Claude Lemaire - 19 mars 2019

L'analyse de la base de données du système de déclaration des effets indésirables des Etats-Unis par des investigateurs de Californie confirme l'idée que les sujets prenant des IPP sont plus à risque de défaillance rénale, et de lithiase urinaire que les sujets recevant des anti-H2.

Globalement chez les sujets sous monothérapie, la fréquence des effets secondaires rénaux de tout type est de 5,6% pour les IPP versus 0,7% pour les anti-H2. Sous monothérapie par IPP, les deux risques les plus majorés sont l'apparition d'une insuffisance rénale chronique (OR 28,4 ; IC 95% 12,7-63,5) et le passage en insuffisance rénale terminale (OR 35,5 ; IC 95% 5,0-250,0).

Les troubles hydro-électrolytiques (hypomagnésémie, hypocalcémie, hypokaliémie et hyponatrémie) sont également plus fréquents en cas de prise d'IPP.

Le pazopanib est un inhibiteur de tyrosine kinase pris par voie orale qui est utilisé notamment dans le traitement des sarcomes des tissus mous. L'absorption de cet IPP étant dépendante de l'existence d'un pH acide, des investigateurs français ont recherché les conséquences cliniques de la diminution de l'acidité stomacale liée à la prise d'antacides chez 333 sujets atteints d'un sarcome des tissus mous métastatique traités par pazopanib. Au sein de cette population, 117 (35,1%) avaient pris au moins une fois un antacide (IPP dans plus de 8 cas sur 10) et pour 59 (17,7%), cette prise avait persisté pendant au moins 80% de la durée du traitement par pazopanib.

Ils ont ainsi pu constater que chez ces derniers patients les durées médianes de survie sans progression et de survie globale étaient significativement moindres que chez les patients n'ayant pas pris d'antacide pendant le traitement par pazopanib, respectivement 2,8 versus 4,6 mois (HR 1,49 ; IC 95% 1,11-1,99 ; p=0,01) et 8,0 versus 12,6 (HR 1,81 ; IC 95% 1,31-2,49 ; p<0,01)

Ces deux articles, dont les textes complets sont en accès libre (bonne lecture), rappellent fort à propos que les agents anti-acides sont d'authentiques médicaments et qu'à ce titre ils ne sont pas exempts d'effets secondaires, ce qui impose que leur utilisation soit justifiée, raisonnée et la plus courte possible. C'est loin d'être toujours le cas.

1. T Makunts et al. Sci Rep. 2019 Feb 19; 9(1): 2282. https://www.nature.com/articles/s41598-019-39335-7#Sec2

2. O Mir et al. Clin Cancer Res. 2019 Feb 14. [Epub ahead of print]. http://clincancerres.aacrjournals.org/content/early/2019/01/25/1078-0432.CCR-18-2748.long

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