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Si c'était à refaire un tiers des Macs ne referait pas médecine

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Selon une enquête menée par le Comité interuniversitaire des médecins assistants candidats spécialistes (Cimacs), si c'était à refaire, 36% des MACS (médecins assistants candidats-spécialistes) ne referaient plus la médecine. Raison, selon le Cimacs : les conditions de travail dans lesquelles ceux-ci sont obligés d'exercer.

Nicolas de Pape - 21 mars 2019

Selon le Cimacs, les assistants-spécialistes sont soumis à forte pression dans les hôpitaux, ce qui explique les taux de réponse à leur enquête menée auprès de 1.200 Macs dont 14% de généralistes.

Ainsi, 73% des MACS ont signé l'opting-out (un avenant à la loi permettant de travailler 60 à 72h/s). "Parmi eux, 75% auraient voulu ne pas signer cette annexe au contrat de travail mais estiment n'avoir pas eu le choix. Ceci est illégal."

Autres enseignements et illégalités repérées par le Cimacs : un MACS sur deux reconnaît travailler plus de 60h/s, "ne respectant, dès lors, pas la loi fixant le temps de travail des MACS". Dans 40% des cas, "les heures de travail ne sont pas correctement encodées dans le registre prévu à cet effet; les horaires des MACS étant donc falsifiés". Dans 66% des cas, "les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, enfreignant la législation européenne relative aux droits du travail".

Le Cimacs parle même de "souffrances physiques et psychiques" parmi certains assistants en formation qui risquent "d'altérer la qualité des soins attribués aux patients, et sont responsables d'une augmentation de la consommation d'anxiolytiques", ce que l'enquête confirme.

Le Cimacs en profite pour publier un mémorandum destiné aux hommes politiques. Celui-ci appelle des réponses qui seront examinées par le Cimacs et transmises à l'ensemble des Macs.

Memorandum

Dans ce memorandum, le Cimacs demande que des inspecteurs du travail vérifient le respect de la loi dans les hôpitaux de la Fédération Wallonie Bruxelles. Il propose également un système de pointage pour les MACS afin de mieux objectiver leur temps de travail. A l'instar des généralistes, il faudrait créer un organisme indépendant qui s'occupe de la rémunération des candidats spécialistes inscrits en spécialité "de façon à uniformiser les salaires, les rémunérations de gardes, et des heures supplémentaires".

En outre, pour éviter les pressions sur l'opting-out, il conviendrait de dissocier la signature du contrat de travail et l'acceptation des heures supplémentaires qui généralement sont fixées le même jour.

Jérôme Lechien, cheville ouvrière du Cimacs estime judicieux de publier un cadastre de la qualité de la formation en regard du centre hospitalier, et du service de spécialité. "Ce cadastre serait consultable publiquement par les professionnels de la santé et par chaque citoyen belge."

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