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" Des soins de traumatologie efficaces exigent des médecins sur place 7 jours sur 7, 24h/24 "

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Aujourd'hui, cela fait précisément trois ans que notre pays a été touché par des attentats terroristes à l'aéroport de Zaventem et à la station de métro Maelbeek. L'occasion de rencontrer le Pr Stefaan Nijs, chef du service de chirurgie traumatique à l'UZ Leuven. Quatre mois avant les faits, l'hôpital avait été reconnu trauma center de niveau 1. Comme s'est passé le 22 mars ?

Dr Michèle Langendries - 21 mars 2019

" Cette accréditation en tant que trauma center de niveau 1 n'est en fait que peu liée à la prise en charge de catastrophes, y compris la catastrophe du 22 mars ", affirme d'emblée le Pr Nijs. " L'accréditation est principalement décernée par rapport à la capacité qu'a un hôpital de prendre en charge un blessé grave, de façon individuelle, et d'évaluer si l'hôpital y est bien préparé. En outre, il faut également disposer d'un plan catastrophe, mais tous les hôpitaux belges doivent en avoir un de toute façon. "

Accréditation étrangère

Officiellement, il n'existe pas en Belgique d'accréditation pour les trauma centers, contrairement aux Pays-Bas, à l'Allemagne et à la Grande Bretagne. Dans ces pays, il a été décidé de répartir les hôpitaux qui réalisent des soins de traumatologie en différents niveaux, qui collaborent dans des réseaux inclusifs : selon la gravité des blessures, la victime est soit amenée dans un hôpital à proximité de l'accident, soit un peu plus loin, dans un centre qui dispose de plus de moyens et de plus de personnel spécialisé. En Belgique, jusqu'à ce jour, les victimes sont transférées dans l'hôpital le plus proche. Lors des attentats à Zaventem et à Maelbeek, les blessés ont donc été répartis dans les hôpitaux conformément au plan catastrophe.

" En 2017, le KCE a publié un rapport concernant l'organisation des soins de traumatologie dans notre pays ", rappelle Stefaan Nijs. "Le KCE y a conclu qu'en Belgique, il y a de la place pour quatre à sept réseaux de traumatologie. Un tel réseau comporte des hôpitaux qui collaborent et qui sont organisés autour d'un trauma center de niveau 1. Depuis lors, la Belgique n'a toujours pas décrété de normes d'accréditation. La conséquence est qu'un certain nombre d'hôpitaux suprarégionaux, qui veulent se profiter comme étant axés sur les soins de traumatologie, doivent aller chercher leur accréditation à l'étranger. Très souvent, les critères utilisés concernent l'équipement parce que les systèmes d'affectation du personnel et l'accréditation dans d'autres pays ne peuvent pas se transposer si simplement à la situation belge. Maintenant, il est vrai que des moyens techniques sont nécessaires, mais tout grand hôpital en dispose. Des soins de traumatologie de qualité sont beaucoup plus liés à l'expertise du personnel et aux efforts que l'on veut réaliser pour constituer une équipe qui fonctionne correctement. "

Nombre

Le rapport du KCE fixe des limites au nombre de réseaux de traumatologie. Et le Pr Nijs de commenter : " Cela vient du fait qu'en Belgique, nous avons relativement peu de blessés graves : environ 3.000 par an, dont la moitié seulement a vraiment besoin de soins hyper spécialisés. L'expérience aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et aux Pays-Bas montre que l'on doit concentrer suffisamment de victimes traumatiques pour fournir du bon travail. En effet, on ne peut bâtir une expertise suffisante qu'en voyant suffisamment de patients. Les données internationales indiquent qu'un trauma center de niveau 1 doit, dans cette optique, pouvoir accueillir plus de 240 blessés graves par an. Depuis que la Grande Bretagne atteint des chiffres qui se situent entre 500 et 1.000, les chances de survie après un traumatisme grave ont fortement augmenté. "

Par ailleurs, les coûts doivent aussi rester raisonnables. " Un centre de niveau 1 doit avoir sur place des médecins spécialisés en traumatologie 7jours/7, 24h/24, qui soient immédiatement disponibles lorsqu'une victime arrive. Mais dans presque tous les hôpitaux belges, ce n'est pas le cas ", constate le chirurgien. " Si le médecin qui est de garde est en dehors de l'hôpital et doit revenir à l'hôpital, un temps précieux se perd. Les décisions qui sont prises dans les premières minutes déterminent fortement l'issue des soins. Dans le trauma center de l'UZ Leuven, une équipe composée d'un médecin spécialiste, avec une compétence complémentaire en traumatologie, de plusieurs médecins urgentistes, d'un anesthésiste et de différents assistants est sur place en permanence. Toutes les spécialités sont appelables dans le quart d'heure. Et bien sûr, nous disposons aussi d'infirmiers et d'un psychologue qui a suivi une formation particulière. De bons soins de traumatologie doivent se faire en équipe. "

Temps de transport relatif

La concentration du flux de patients dans quelques trauma centers fait augmenter le temps d'arrivée. " En effet, mais ce n'est pas tant le temps de transport qui importe, mais les minutes qui s'écoulent jusqu'à ce que le traitement définitif ait lieu ", relève Stefaan Nijs. " Cela est lié en grande partie à la rapidité de diagnostic, l'expertise et l'expérience pour pouvoir prendre rapidement les bonnes décisions. En Grande Bretagne, on a démontré que les temps de transport de plus de 45 minutes n'avaient pas d'impact négatif sur les chances de survie de la victime. Comme déjà dit, la concentration fait justement augmenter la survie. "

Dr Michèle Langendries

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