Plus complète est la cicatrisation...

L'arrivée des biothérapies a radicalement modifié le pronostic de la maladie de Crohn et a permis d'obtenir une cicatrisation de plus en plus complète des lésions.
S'il est prouvé que la cicatrisation muqueuse endoscopique est prédictive de bons résultats cliniques dans la maladie de Crohn, l'impact à long terme de la cicatrisation transmurale est mal connue. Ce qui fait tout l'intérêt d'une étude italienne ayant évalué de façon prospective les résultats cliniques sur un an (rémission clinique sans stéroïdes, hospitalisation et nécessité d'une intervention chirurgicale) chez les patients atteints de maladie de Crohn traités par anti-TNF alpha pendant 2 ans, selon qu'ils présentaient une cicatrisation transmurale (épaisseur pariétale colique ≤ 3 mm en échographie), une cicatrisation muqueuse ou aucune cicatrisation.
Sur 218 patients évalués, 68 (31,2%) ont présenté une cicatrisation transmurale, 60 (27,5%) une cicatrisation muqueuse et 90 (41,3%) n'avaient pas cicatrisé.
La cicatrisation transmurale était associée à un taux plus élevé de rémission clinique sans stéroïdes (95,6%), à des taux d'hospitalisation moins élevés (8,8%) et à un moindre besoin de chirurgie (0%) à un an par rapport à la cicatrisation muqueuse (respectivement 75%, 28,3% et 10%) et à aucune cicatrisation (respectivement 41%, 66,6% et 35,5%), p <0,001 dans les deux cas).
La cicatrisation transmurale était également associée à un délai plus long avant rechute clinique (HR 0,87 ; p= 0,01), hospitalisation (HR 0,88 ; p = 0,002) et intervention chirurgicale (HR 0,94, p = 0,008) par rapport à la cicatrisation muqueuse.
A noter également que chez les sujets interrompant le traitement l'existence d'une cicatrisation transmurale prédisait de meilleurs résultats cliniques à un an que la cicatrisation muqueuse (p = 0,01). Les investigateurs concluent que la cicatrisation transmurale est certes un objectif de traitement ambitieux, mais qu'elle s'accompagne d'une plus grande amélioration des résultats cliniques que la cicatrisation muqueuse et que ces résultats persistent plus longtemps en cas d'arrêt de traitement.
F Castiglione et al. Aliment Pharmacol. Ther. 2019; 49: 1026-39.