PremiumGastro-entérologie

Plus complète est la cicatrisation...

photo

L'arrivée des biothérapies a radicalement modifié le pronostic de la maladie de Crohn et a permis d'obtenir une cicatrisation de plus en plus complète des lésions.

Dr Jean-Claude Lemaire - 16 avril 2019

S'il est prouvé que la cicatrisation muqueuse endoscopique est prédictive de bons résultats cliniques dans la maladie de Crohn, l'impact à long terme de la cicatrisation transmurale est mal connue. Ce qui fait tout l'intérêt d'une étude italienne ayant évalué de façon prospective les résultats cliniques sur un an (rémission clinique sans stéroïdes, hospitalisation et nécessité d'une intervention chirurgicale) chez les patients atteints de maladie de Crohn traités par anti-TNF alpha pendant 2 ans, selon qu'ils présentaient une cicatrisation transmurale (épaisseur pariétale colique ≤ 3 mm en échographie), une cicatrisation muqueuse ou aucune cicatrisation.

Sur 218 patients évalués, 68 (31,2%) ont présenté une cicatrisation transmurale, 60 (27,5%) une cicatrisation muqueuse et 90 (41,3%) n'avaient pas cicatrisé.

La cicatrisation transmurale était associée à un taux plus élevé de rémission clinique sans stéroïdes (95,6%), à des taux d'hospitalisation moins élevés (8,8%) et à un moindre besoin de chirurgie (0%) à un an par rapport à la cicatrisation muqueuse (respectivement 75%, 28,3% et 10%) et à aucune cicatrisation (respectivement 41%, 66,6% et 35,5%), p <0,001 dans les deux cas).

La cicatrisation transmurale était également associée à un délai plus long avant rechute clinique (HR 0,87 ; p= 0,01), hospitalisation (HR 0,88 ; p = 0,002) et intervention chirurgicale (HR 0,94, p = 0,008) par rapport à la cicatrisation muqueuse.

A noter également que chez les sujets interrompant le traitement l'existence d'une cicatrisation transmurale prédisait de meilleurs résultats cliniques à un an que la cicatrisation muqueuse (p = 0,01). Les investigateurs concluent que la cicatrisation transmurale est certes un objectif de traitement ambitieux, mais qu'elle s'accompagne d'une plus grande amélioration des résultats cliniques que la cicatrisation muqueuse et que ces résultats persistent plus longtemps en cas d'arrêt de traitement.

F Castiglione et al. Aliment Pharmacol. Ther. 2019; 49: 1026-39.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Mieux comprendre les facteurs de rémission des MICI

Les liens de causalité entre alimentation et risque de développement de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont déjà été largement étayés. Une récente étude multicentrique franco-belge permet de mieux comprendre dans quelle mesure l’alimentation entretient l’activité inflammatoire, que ce soit dans la maladie de Crohn ou dans la rectocolite ulcéro-hémorragi

Gastrites, gastropathies : comment les distinguer ?

La surprescription des IPPs, l’un des chefs de bataille de notre actuel ministre de la santé, doit s’inscrire dans le cadre d’une meilleure compréhension des mécanismes physio-pathologiques sous-jacents. Cet article, fondé sur les propos du Pr Pierre Deprez (Cliniques universitaires Saint-Luc), propose une révision des principales causes de gastrites et de gastropathies.

Amazon Pharmacy lance la distribution du comprimé Ozempic à domicile et en point de retrait

Amazon Pharmacy poursuit son offensive dans la pharmacie en ligne. La plateforme de livraison de médicaments d’Amazon annonce étendre, aux États-Unis, l’accès à la version orale d’Ozempic, le GLP-1 de Novo Nordisk destiné aux patients atteints de diabète de type 2.

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine