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Biosimilaires : "Un switch est parfaitement possible"

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"L'augmentation des volumes dans les officines publiques, les hôpitaux pour ce qui concerne les biosimilaires est le fil conducteur pour faire des économies. En Europe, la Belgique score assez mal en termes de médicaments bon marché." C'est le constat de Pieter Boudrez, Public affairs director de Medaxes (ex-Febelgen), l'organisation faîtière des médicaments bon marché. Il détaille les grandes lignes du mémorandum que l'organisation présente à la veille des élections. Il prône un modèle de "volume savings" plus efficace que la substitution, selon lui.

Geert Verrijken - 23 avril 2019

Moyenne UE

Les médicaments génériques distribués par l'intermédiaire des pharmacies publiques représentent 39% des médicaments qui nous sont remboursés. La moyenne européenne est de 55%... " Dans une première phase, nous voulons augmenter le volume à 55% via le concept de "volume for savings". Cela suppose qu'une augmentation du volume des génériques se traduise par une augmentation du chiffre d'affaires [des producteurs de génériques]. Une partie de cette somme servira ensuite à réduire les prix des médicaments génériques. "

L'augmentation du concept de "volume for savings" dans les pharmacies sera facilitée par l'augmentation des objectifs en matière d'ordonnances à faible coût pour les omnipraticiens. Pieter Boudrez : " Le modèle de ''prix plafond'' peut encore mieux fonctionner. Mais nous demandons l'abolition de la possibilité de demander un supplément allant jusqu'à 5 euros pour les médicaments originaux pour lesquels il existe une alternative générique. Cela a coûté 40 millions au patient en 2018. "

De plus, Medaxes veut abolir ou réduire le moratoire de deux ans - qui consiste à ne pas appliquer le prix plafond après l'arrivée du médicament générique - et remplacer les récupérations et les prélèvements sur le chiffre d'affaires par des réductions de prix et une concurrence accrue. " Une réduction du prix d'un produit générique de 2,5 euros permettra à l'Inami d'économiser également 2,5 euros ", déclare M. Boudrez, qui estime que les génériques devraient de toute façon être exclus de la récupération - comme presque partout en Europe.

Les prescriptions selon la substance (DCI : dénomination commune internationale) et la substitution sont incompatibles avec la notion de "volume for savings". " La DCI est un modèle de revenu pour le pharmacien, mais les rabais restent cachés à l'Inami. Il en va de même pour la substitution. Elle permet d'offrir la meilleure solution financière pour la pharmacie, mais elle est diamétralement opposée à l'effet multiplicateur. "

Retourner le camion-citerne

Le même principe de volume que dans les officines doit également s'appliquer dans le secteur hospitalier. Entre 2012 et 2017, les dépenses en ambulatoire, entre autres, ont augmenté de façon spectaculaire, d'environ 600 millions d'euros. Seuls 27,36 % de ces dépenses sont des médicaments génériques, un chiffre très mauvais par rapport aux moyennes de l'UE. " Nous devons être prudents. Après tout, la pharmacie représente 18 à 20 % du budget de l'hôpital. Pour faire avancer le camion-citerne, nous préconisons un modèle gagnant-gagnant pour les hôpitaux et l'Inami. Une partie des économies supplémentaires réalisées par l'Inami doit donc être reversée aux hôpitaux ", dit Boudrez.

De plus, il souligne que les hôpitaux achètent encore trop souvent des médicaments à un coût trop élevé en échange du financement de congrès, de R&D, etc. "Nous devons inverser cette tendance. Les hôpitaux doivent acheter plus de biosimilaires et des médicaments bon marché de manière rentable. En outre, la loi sur les marchés publics doit être correctement mise en oeuvre et Medaxes souhaite travailler à la mise à jour des objectifs chiffrés pour les biosimilaires."

Biosimilaires

Les biosimilaires sont rarement utilisés dans notre pays. Ceci alors qu'ils permettent de réaliser 38 % d'économies. Les biosimilaires déjà sur le marché génèrent 271 millions d'euros d'économies pour l'Inami. " Il y a 23 nouveaux biosimilaires en préparation. Les produits d'origine représentent un chiffre d'affaires de 448 millions d'euros. En deux ans, on pourra économiser jusqu'à 200 millions d'euros. "

Début avril, les spécialistes se sont vu imposer pour la première fois des objectifs de prescription. " Positif ", selon Boudrez. " Mais certaines cibles, par exemple pour les endocrinologues-diabétologues, sont à 0% ! " Il estime que les médecins ne sont pas suffisamment conscients des coûts et veut leur enseigner une attitude plus rentable pendant la formation et l'accréditation.

Du côté positif, l'AFMPS a déjà lancé une campagne sur les biosimilaires et l'Inami a nommé un coordinateur. Un cadre durable et un plan d'action national pour les biosimilaires sont également nécessaires, dit Boudrez. " Un switch est parfaitement possible ", conclut-il.

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