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VIH et dépendance aux opioïdes: intérêt des implants de naltrexone pour le sevrage

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Une étude, menée en Russie et publiée dans l'édition d'avril de la revue The Lancet HIV, montre que les implants de naltrexone à libération lente offrent de meilleures perspectives de réussite et de suivi d'un traitement par antirétroviraux par rapport aux formes orales et injectables classiques chez les patients vivant avec le VIH et dépendants aux opioïdes injectables. Une étude intéressante mais, attention,cette formulation de la naltrexone n'est actuellement approuvée qu'en Russie.

Jean-Luc Schouveller - 25 avril 2019

Implant de naltrexone: une exclusivité made in Russia

Aide précieuse au sevrage de la dépendance aux opioïdes, la naltrexone n'est disponible, dans nos contrées, que sous forme orale en prise quotidienne ou sous forme injectable en IM pour une durée maximale d'action de 1 mois. A l'heure actuelle, la Russie est le seul pays au monde où un organisme de règlementation a approuvé l'utilisation d'un implant de naloxone à libération lente offrant une couverture de 3 mois, ceci pour pallier à l'interdiction, par la loi russe, de la prescription de méthadone pour aider au sevrage en cas de dépendance aux opioïdes. Comme il est bien connu que la dépendance aux drogues injectables impacte négativement tant le suivi que l'efficacité du traitement par antirétroviraux des patients vivant avec le VIH et dépendants aux opioïdes, nos confrères russes ont recherché à savoir si cet implant à libération lente offrait des résultats supérieurs chez ces patients par rapport à la forme orale classique.

Résultats virologiques

Après 48 semaines de traitement, 66% des patients du groupe "implant" et 50% de ceux traités par naltrexone orale présentaient une charge virale < 400 copies/ml, valeur seuil choisie par les investigateurs pour définir une charge virale indétectable dans le cadre de cette étude. De plus, 46% des participants du groupe "implants" ont complété les 48 semaines de traitement par antirétroviraux vs 32% dans le groupe à prise orale.

Résultats sur la toxicomanie

Les participants ayant bénéficié de la pose d'un implant de naltrexone sont demeurés en moyenne 32 semaines sous traitement de sevrage sans rechutes vs 20 semaines seulement pour le groupe oral. De plus, 32% des patients implantés étaient toujours sous traitement à la fin de l'étude contre seulement 17% dans le groupe à prise orale quotidienne. Enfin, on constate que les patients sous implants de naltrexone ont trois fois plus de chances de parvenir à une charge virale indétectable à 48 semaines par rapport aux patients sous traitement oral. Au final, cette étude montre que l'implant offre plus de chances de rétention dans le traitement de sevrage ce qui améliore l'adhérence thérapeutique aux antirétroviraux et donc l'atteinte d'une charge virale indétectable (< 400 copies/ml).

Réf: Krupitsky E. et al. The Lancet HIV 2019(6) : 221-229.

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