Alzheimer : un peptide synthétique réduit la toxicité des bêta-amyloïdes

Des chercheurs américains ont conçu et produit un peptide synthétique capable d'inhiber l'agrégation des protéines bêta-amyloïdes au stade d'oligomères et donc de les rendre moins toxiques. Les essais sur des cellules humaines et des animaux sont prometteurs.
Cette nouvelle étude confirme que les protéines bêta-amyloïdes jouent un rôle de premier plan dans la maladie d'Alzheimer mais surtout elle constate que les dommages principaux aux neurones se produisent au stade des oligomères quand ces protéines commencent à se replier incorrectement et à s'agglutiner, c'est-à-dire bien avant que les plus grands agrégats, appelés plaques, ne s'accumulent.
Les scientifiques ont alors mis au point un peptide synthétique non toxique, composé de 23 acides aminés, capable d'inhiber l'agrégation des oligomères bêta-amyloïdes toxiques et ainsi neutraliser les dommages qu'ils peuvent causer. Sachant que ces oligomères adoptent une structure appelée feuille alpha avant de se regrouper en plaques plus grandes, ils ont construit des feuilles alpha artificielles à partir du peptide synthétique.
Dans les cultures de cellules neuronales humaines, les feuilles alpha synthétiques ont bloqué l'activité des oligomères bêta-amyloïdes. Ces mêmes feuilles ont réduit jusqu'à 82% les taux d'oligomères bêta-amyloïdes dans des échantillons de tissu cérébral de souris et leur administration à des souris vivantes a provoqué une chute des taux de 40% en l'espace de 24 heures. En outre, grâce à ces feuilles, des vers C. elegans, un modèle de laboratoire commun pour la maladie d'Alzheimer, ont été protégés efficacement des dommages causés par des bactéries conçues pour exprimer les protéines bêta-amyloïdes.
Les résultats de ces tests sont donc très prometteurs. Actuellement, les chercheurs expérimentent de nouvelles versions de leurs feuilles alpha synthétiques, afin de trouver celles qui peuvent neutraliser encore plus efficacement les oligomères bêta-amyloïdes et ainsi pouvoir mettre au point un traitement sûr et viable pour l'Homme. Ils espèrent aussi que leur technique puisse servir de base à un examen diagnostic de la maladie d'Alzheimer, avant même l'apparition des symptômes.
(référence : PNAS, 19 avril 2019, doi : 10.1073/pnas.1820585116)
https://www.pnas.org/content/early/2019/04/18/1820585116.short