Stéatose/stéato-hépatite non alcoolique, des chiffres sur des mots

Lors du récent congrès International Liver Congress, Vienna 10-14 avril, des données de vraie vie obtenues chez nos voisins français ont levé le voile sur les risques de ces atteintes hépatiques qui concernent jusqu'à un quart des adultes de par le monde.
L'imprégnation graisseuse du parenchyme hépatique est considérée comme la manifestation hépatique du syndrome métabolique et son spectre clinique s'étend de la stéatose simple (NAFLD pour non-alcoholic fatty liver disease) à la stéato-hépatite (NASH pour non-alcoholic steatohepatitis). L'une comme l'autre peuvent engendrer des complications, mais globalement leur histoire naturelle reste mal connue.
Les résultats de l'étude française sont basés sur 125.052 patients NAFLD/NASH ayant été hospitalisés entre 2009 et 2015. Parmi ces patients 1,2% avaient été diagnostiqués au stade de cirrhose compensée, 6,3% au stade de cirrhose décompensée et 0,9% au stade d'hépatocarcinome cellulaire.
Lors de la première année de suivi, il y a eu 4 fois plus de diagnostic de cirrhose décompensée (0,96%) que de cirrhose compensée (0,20%), ce qui signifie clairement que la cirrhose compensée est très largement sous-diagnostiquée.
Dans le cadre du suivi pouvant aller jusqu'à 7 ans, au total 5,6% des patients ont progressé vers un stade plus sévère et le fait le plus saillant est sans doute que plus d'un sujet sur 4 présentant une cirrhose a fait une décompensation (27,5%), un signal fort en faveur d'un dépistage précoce et d'une prise en charge appropriée pour enrayer l'évolution et tenter de réduire la mortalité.
Cette mortalité était élevée à tous les stades et augmentait avec la sévérité de l'atteinte. Lors de la première année de suivi, le taux était de 2,1% chez les non-progresseurs, de 4,6% en cas de cirrhose compensée et 4 fois plus élevé (19,1%) en cas de décompensation. Cette tendance s'est poursuivie durant les sept années de suivi, les taux cumulés de mortalité s'établissant à 7,9% pour les patients NAFLD/NASH (à titre de comparaison le taux de mortalité d'une population de même âge est de 4,6%), 16,3% en cas de cirrhose et 34,6% en cas de cirrhose décompensée.
D'après la communication de Jérôme Boursier et al. ILC 2019 THU-299.