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Les MICI flambent chez les adolescents

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Le registre français Epimad est un réseau hôpital-ville dédié aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) et alimenté en données par tous les gastro-entérologues adultes et pédiatriques de 4 départements du nord-ouest de la France, quel que soit leur mode d'exercice.

Dr Jean-Claude Lemaire - 14 mai 2019

Ce registre couvre près de 6 millions d'habitants, soit environ 10% de la population française. Entre 1988 (date de création) et 2014 (dernière année validée), 19.266 cas incidents certains ou probables de MICI ont été documentés, déclarés majoritairement (80%) par les gastro-entérologues en activité libérale.

Pendant cette période et en population générale, l'incidence annuelle de la maladie de Crohn (MC) a augmenté significativement passant de 5,3 à 7,6/105 habitants, tandis que celle de la rectocolite hémorragique (RCH) est restée stable à 4,4/105 habitants.

Une analyse plus détaillée révèle l'existence d'une véritable explosion d'incidence chez les adolescents (10 à 16 ans) qui est surtout nette à partir de 2003 (+ 4%/an pour la MC et + 11%/an pour la RCH). Au final, l'incidence de la MC culminait en 2014 à 9,5/105 soit + 126% par rapport à 1988 (4,2/105) et celle de la RCH atteignait 4,1 /105 habitants/an soit + 156% par rapport à 1988 (1,6/105).

Les auteurs de l'article soulignent que l'augmentation des cas pédiatriques de MICI, en particulier de MC, constitue un phénomène mondial. Parmi les facteurs susceptibles d'expliquer ces modifications importantes d'incidence figurent une diminution des appendicectomies (qui protégeraient de la RCH) et une augmentation de la prescription d'antibiotiques susceptible de modifier l'écologie du microbiote intestinal et ainsi de favoriser le développement des MICI.

La mise en évidence de foyers de sur et de sous incidence fait soupçonner des influences environnementales qui mériteraient la mise en place de travaux d'épidémiologie analytique.

D'après C Gower-Rousseau et al. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°13, 23 avril 2019. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/13/2019_13_2.html

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