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Lorsque la ménopause donne des sueurs froides aux médecins généralistes

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Depuis les controverses concernant les traitements hormonaux de la ménopause du début des années 2000 la littérature montre que les médecins généralistes se montrent moins enclins à instaurer un traitement hormonal et les patientes moins disposées à en débuter un.

la rédaction - 23 mai 2019

L'objectif est de rechercher les éventuels freins et obstacle aux traitements substitutifs de la ménopause ressentis par les médecins généralistes, et de trouver les éléments d'un outil pratique pour améliorer leur prise en charge.

Méthodologie

Douze entretiens semi-dirigés ont été réalisés auprès de médecins généraliste travaillant en région liégeoise, avec un guide d'entretien élaboré au départ de la littérature tertiaire et quaternaire. Ensuite, un groupe nominal constitué d'assistants de 1ère, 2e et 3e année de médecine générale a exploré leur vécu de la prise en charge des plaintes de la ménopause et leurs propositions et besoins pour un outil pratique.

Cette recherche a fourni plusieurs résultats. Beaucoup de médecins généralistes ne traitent pas les symptômes de la ménopause, ayant recourt aux spécialistes. Des éléments explicatifs ont été identifiés, particulièrement marqués chez les internes : manque d'expérience, connaissances insuffisantes, absence d'intérêt ou sentiment de ne pas être légitime. Ces freins documentent la position de retrait des médecins généralistes face aux gynécologues.

Les échanges ont permis de réaliser une fiche rassemblant les principales informations utiles pour les médecins généralistes : diagnostic, indications et contre-indications au traitement, type de traitements, mode d'administration.

Conclusion

Durant mes entretiens j'ai pu remarquer les difficultés de prise en charge des patientes, notamment par manque d'expérience et de connaissances, absence d'intérêt ou sentiment de ne pas être légitime. Ces difficultés étaient encore plus marquées chez les jeunes médecins généralistes qui étaient demandeurs d'une aide.

Les difficultés exprimées par les médecins au cours des entretiens ou lors du groupe nominal m'ont donné l'occasion de réaliser un petit guide leur permettant d'accéder aux principales informations pour la prise en charge de la ménopause.

La réalisation d'un travail de fin d'étude (TFE) est certes un travail fastidieux mais il m'a permis, avec la conception de ce petit document, d'actualiser mes connaissances sur un sujet peu approfondi durant mes études tout en réfléchissant, à l'occasion de la retranscription des entretiens, au rôle et à la place du médecin traitant par rapport au médecin spécialiste.

Il m'a également permis d'améliorer ma capacité à mener à bien une démarche scientifique, de développer mon esprit critique et, compte tenu de la rigueur nécessaire à la rédaction d'un tel travail, de perfectionner mes compétences en matière d'organisation, notamment en réalisant des rétroplannings.

Enfin, je peux mettre en lumière l'expérience positive que je retire de la conduite des entretiens et de l'animation du groupe nominal. Je n'ai été confrontée à aucun refus de la part de l'ensemble des médecins interrogés. La bienveillance avec laquelle ils ont accueilli ma demande et soutenu m'ont travail m'a confortée tout au long de la réalisation de ce TFE.

Pour finir, je retiens de cet exercice qu'est le TFE qu'il m'a surtout aidé à améliorer ma pratique en n'hésitant pas à aborder cette question avec les femmes concernées ou pouvant être concernées par les troubles de la ménopause et j'ai pu prendre conscience de l'importance de la communication pour instaurer une relation de confiance avec ma patientèle.

La ménopause représente un bouleversement important dans la vie d'une femme. Il est donc opportun que le médecin traitant, celui dont l'accessibilité est bien plus facile que le médecin spécialiste, se sente plus à l'aise, s'implique d'avantage et soit vigilant aux transformations physiologiques et au recueil des plaintes susceptibles d'altérer la qualité de vie des patientes.

C'est dans ces conditions qu'il pourra assumer pleinement, face au spécialiste, son rôle de premier référent médical. J'espère que mon guide y contribuera.

La ménopause n'est pas une pathologie mais ses symptômes invalidants, peuvent être traités pour améliorer la qualité de vie des patientes. Les médecins généralistes ne semblent plus s'investir dans ce domaine. La fiche réalisée vise à les aider dans le choix du traitement, adapté à chaque patiente, et à faciliter le suivi.

En définitive, l'amélioration de cette prise en charge doit permettre au médecin généraliste de s'affirmer comme premier référent médical reconnu tant par ses patientes que par ses pairs spécialistes.

Titre complet : Recherche des freins et obstacles au traitement des plaintes des plaintes de la ménopause : étude menée auprès de médecins généralistes travaillant en région liégeoise via des entretiens semi-dirigés et un groupe nominal.

Auteur : Dr Elsa Lebovic (ULiège)

Promoteur : Dr Jean-Luc Belche (ULiège)

Tuteur : Dr Marie Rapaille (ULiège)

Master de spécialité en médecine générale

Année académique 2017-2018

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