Diabète de type 1 ou 2, l'âge n'est pas un discriminant fiable

Si vous pensez que les anomalies glycémiques après l'âge de 30 ans sont synonymes de diabète de type 2, vous êtes probablement dans l'erreur une fois sur 5.
Une équipe anglaise a cherché à déterminer la prévalence et les caractéristiques du diabète de type 1 avec déficit insulinique endogène grave diagnostiqué après 30 ans et à déterminer si les personnes qui en sont atteintes sont identifiées et prises en charge en tant que diabétiques de type 1 en pratique clinique.
Au sein de la cohorte DARE (Diabetes Alliance for Research in England), les investigateurs ont isolé 583 sujets dont le diagnostic de diabète avait été posé après l'âge de 30 ans et qui étaient traités par insuline.
Parmi ces sujets, ils ont recherché ceux pouvant être diagnostiqués diabétiques de type 1 sur base d'un déficit insulinique endogène sévère (défini par un peptide C non à jeun <200 pmol/l et le besoin rapide d'une insulinothérapie, endéans les 3 ans du diagnostic de diabète).
Leurs caractéristiques ont été comparées d'une part à celles de 306 sujets diabétiques de type 2 (sécrétion d'insuline endogène conservée attestée par un peptide C non à jeun > 600 pmol /l) diagnostiqués après 30 ans et traités par insuline et d'autre part à celles de 220 participants avec déficit insulinique endogène sévère diagnostiqué avant l'âge de 30 ans.
Les résultats indiquent que 123 soit 21% des 583 sujets traités par insuline dont le diagnostic de diabète avait été diagnostiqué après l'âge de 30 ans répondaient aux critères retenus par les investigateurs pour poser le diagnostic diabète de type 1. Parmi ces 123 sujets, 38% n'avaient pas reçu d'insuline au moment du diagnostic de diabète et dans près de la moitié des cas (47%) ils s'étaient considérés comme des diabétiques de type 2.
Ce travail montre que le besoin rapide d'insuline est un facteur prédictif très fort de déficit insulinique endogène sévère. Parmi les sujets avec déficit insulinique endogène sévère, 85% ont eu besoin d'insuline endéans l'année du diagnostic et 47% de ceux initialement traités sans insuline ont dû y avoir recours endéans les 3 ans du diagnostic.
Globalement, les caractéristiques cliniques et biologiques du diabète de type 1 sont sensiblement les mêmes chez les sujets diagnostiqués après ou avant 30 ans, la différence essentielle étant que la probabilité d'identification du diabète de type 1 est significativement plus basse en cas de diagnostic du diabète après 30 ans (71% versus 100%, p < 0,001).
Deux leçons à retenir
• Chez les sujets de plus de 30 ans, le diabète de type 1 n'est souvent pas identifié, ce qui devrait inciter à un recours plus large au dosage du peptide C.
• Les patients traités par insuline endéans les 3 ans du diagnostic ont un risque élevé d'être des diabétiques de type 1, quel qu'ait été le diagnostic initial.
NJ Thomas et al. Diabetologia 2019 Apr 10. [Epub ahead of print].