Du hard rock de montagne

Sous une pochette millésimée exhibant un gros baffle au ras des flots, Black Mountain plonge en effet avec délice dans la musique des années septante, mais celle, lourde, d'un hard rock mélodique, aux accents parfois psychédéliques.
Référentiel et assumé, le cinquième album studio du groupe de Vancouver multiplie les hommages et les clins d'oeil aux formations phares de l'époque. Future Shade qui ouvre le feu, évoque le Scorpions de Virgin Killer ; son successeur, Horns Arising, se plonge dans l'univers de Sabotage de Black Sabbath, sauf qu'ici la voix d'Ozzy Osbourne serait par moments remplacée par un vocodeur : plus seventies que cet " instrument ", tu meurs !
Cette tendance heavy se voit toujours contrebalancée par l'usage de synthés atmosphériques et datés, qui renvoient à leurs compatriotes de l'époque, Rush et Triumph.
Pretty little Lazies se réfère lui carrément aux années soixante et au Pictures of matchstick men d'un Status Quo, pas encore coincé dans un immobilisme bovin.
Totalement assumée, cette nostalgie ( Licensed to drive rappelle les premiers Judas Priest) passe la rampe, car exécutée avec sincérité. Reste qu'il ne faudrait pas que le nappage de synthétiseurs tourne au tartinage : ça finirait par faire croûtes !
Black Moutain : Destroyer (Dine Alone)