Bad man

Dans le circuit punk depuis quarante ans, Bad Religion ferait passer Green Day ou The Offspring pour des débutants.
Seul survivant originel de ces radicaux californiens, Greg Graffin est désormais le porte-drapeau de cette cavalerie tonitruante, qui n'a perdu ni de sa vigueur, ni de sa rage.
En effet, ce nouvel album dont la conception a pris cinq ans, est un condensé de 14 morceaux carrés, puissants, sans fioriture, dont le plus long fait à peine trois minutes. Souvent scandé par une slide-guitare réductrice de tête, Age of Unreason s'en prend à l'Amérique de Trump sur Do the Paranoïd style ou à Fox-News sur Chaos from within. Ceci sans jamais oublié l'aspect mélodique de leurs véloces déclarations : la preuve avec End of history, pamphlet outrancier contre le capitalisme américain qui l'est tout autant, sur une rythmique à la... Cheap Trick.
Bien sûr, la musique punk - intacte dans sa vitalité brutale, son côté fil du rasoir à l'écoute de Since when, mais toujours mémorable (le final what tomorrow brings) -, peut avoir des inclinations speed-métal (l'abrasif Faces of grief pourrait être une chanson d'Anthrax), voire prendre des allures de ballade : difficile d'ailleurs de rester sourd à l'ironie grinçante de Candidate.
Bref : Punk's not " Deaf " !
Bad Religion : Age of unreason (Epitaph)