Un lézard qui ose

Retour imprévisible, une fois de plus, mais gagnant pour King Gizzard and the Lizard Wizard, septet australien bondissant et en effet kangouresque
Auteurs de cinq albums sur la seule année 2017, ce qui porte à 14 le nombre total de cds enregistrés depuis 2012, les Gizzard (pas le genre à lézarder) ont pris cette fois le temps pour peaufiner Fishing for fishies, sans doute l'album le plus cohérent depuis leurs débuts.
Rien à voir avec les quintuplés nés il y a dix-huit mois et situés dans une mouvance échevelée, pleins d'invention, de fougue, mais forcément foutraques. Le dernier en date ressemble à celui - pour faire cliché - de la maturité : neuf morceaux bercés par une sorte de boogie ( Boogieman Sam, Cyboogie, et surtout l'excellent Plastic boogie) entrecoupé de morceaux plus contemplatifs comme The bird song, qui évoquent à la fois l'univers électroméditatif de MGMT ( Fishing for fishies) et celui décalé de They Might Be Giants ( Real's not real ) version blues (avec harmonica), voire du glam-rock de Sweet ( This thing).
On est loin du heavy metal psychédélique de science-fiction de série B, genre "attaque des crevettes géantes" d'il y a deux ans : une fois encore, le Wizard ose...
King Gizzard and The Lizard Wizard : Fishing for fishies (Flightless records/Pias)