PrEP: une vaste revue de la littérature confirme son efficacité préventive

Afin de mettre à jour, tout en les améliorant, les recommandations concernant la prescription et le bon suivi de la PrEP, le groupe de travail de l'US Preventive Services a procédé à une revue systématique de la littérature scientifique concernant l'efficacité, le bon suivi et la sécurité d'emploi de la PrEP. Même si les études prises en compte ne concernent que les MSM américains pris en charge aux USA, ces résultats, très satisfaisants, confirment tout l'intérêt de la PrEP comme outil de pointe pour réduire le risque de transmission du VIH.
Pour cette revue systématique de la littérature scientifique relative à la PrEP, les investigateurs se sont basés sur les données issues de 14 essais concernant plus de 20.000 patients, de 8 études observationnelles et de 7 études spécifiques évaluant l'adhérence thérapeutique. Trois groupes de résultats sont particulièrement intéressants et surtout instructifs.
- Sur le plan de l'efficacité de la PrEP à réduire le risque de contamination, l'analyse de 11 essais portant sur 18.172 patients montre que la prescription de la PrEP réduit de 54% le risque de contamination des MSM par le VIH comparativement à l'absence de PrEP.
- Sur le plan de l'observance thérapeutique, l'analyse des études spécifiques à ce sujet montre qu'un bon suivi (> 70% des doses prescrites) est systématiquement associé à une plus grande efficacité du traitement. Un point important lorsque l'analyse des cohortes incluses dans cette évaluation montrent que l'observance thérapeutique des MSM est très variable, de 20 à 90% des doses prescrites, et qu'elle est surtout faible chez les jeunes sujets dans la tranche d'âge entre 16 et 20 ans. Un point noir pour lequel des solutions devront être trouvées, soit pharmacologiques, soit tactiques et stratégiques.
- Enfin, sur le plan de la sécurité d'emploi et de la survenue d'effets secondaires, l'analyse de 12 essais et des données de plus de 18.000 patients montre que les composants de la PrEP entraînent une augmentation de 43% du risque d'effets indésirables rénaux et de 63% du risque d'effets indésirables gastro-intestinaux. Par contre, il n'y a pas d'augmentation significative du risque de fractures ou d'infections de quelque nature que ce soit. Important aussi de noter que les effets indésirables observés, surtout sur le plan rénal, sont d'intensité modérée et réversibles à l'arrêt du traitement.
Réf: Chou R. et al. JAMA 2019,11 juin;321(22):2214-2230. Consultation en ligne possible sur le site.