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Maladie des petits vaisseaux cérébraux: les antirétroviraux plaident non coupables

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Deux fois plus fréquente chez les patients vivant avec le VIH âgés de 50 ans ou plus et sous contrôle virologique qu'au sein de la population générale, la maladie des petits vaisseaux cérébraux, grande pourvoyeuse d'AVC et de démences, serait-elle liée aux traitements par antirétroviraux? Réponse et réassurance avec les résultats de l'étude MicroBREAK-2.

Jean-Luc Schouveller - 27 juin 2019

La maladie des petits vaisseaux cérébraux est une affection chronique à l'origine d'un bon tiers des AVC, la seconde cause de démences ainsi qu'un acteur important dans le développement de la maladie de Parkinson. Malgré un bon contrôle virologique et immunologique sous traitement combiné par antirétroviraux, la prévalence de la maladie des petits vaisseaux cérébraux est doublée chez les personnes vivant avec le VIH et âgées de 50 ans et plus et ce, même après ajustement pour les facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels. Dans ce contexte, il était tout à fait légitime de se poser la question du rôle potentiel de l'exposition à tout type de traitements antirétroviraux dans le développement et l'entretien de cette affection vasculaire cérébrale. Ainsi est née l'étude MicroBreak-2 qui a recruté des patients vivant avec le VIH, traités par combinaison d'antirétroviraux, sous contrôle virologique depuis au moins un an et âgés en moyenne de 58 ans. Deux groupes comparatifs et équipotents ont été constitués. D'une part, 77 patients présentant des lésions des petits vaisseaux cérébraux objectivées par IRM et 77 patients sans lésions vasculaires cérébrales. Après ajustement pour certains facteurs tels que l'hypertension artérielle, le nombre de cellules CD4, le rapport CD4/CD8 ou le groupe de transmission du virus, il apparaît que l'exposition même prolongée aux antirétroviraux n'est pas associée au développement d'une maladie des petits vaisseaux cérébraux. En effet, le risque cumulatif de pareil développement est de 1 pour les INTI, de 0,94 pour les INNTI, de 0,96 pour les IP et de 0,55 pour les inhibiteurs de l'intégrase. Petit bémol concernant cette dernière classe thérapeutique parmi les plus récentes du traitement du VIH, la modélisation s'est faite par exposition (oui ou non le patient y a-t-il été exposé ?) alors que pour les autres classes, la modélisation s'est faite par années cumulatives d'exposition aux substances.

Réf: Januel E. et al. J of AIDS mise en ligne 29/04/2019.

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