Goutte : s'il n'y avait que la douleur...
La goutte n'est pas uniquement une pathologie douloureuse et fonctionnellement handicapante. Un taux trop élevé en acide urique augmente le risque d'événements cardiovasculaires ainsi que celui de la mortalité. Mais à partir de quel taux en acide urique ? Pour tenter une réponse à cette question, un groupe d'investigateurs espagnols évalué l'impact sur la mortalité toute cause d'un taux d'acide urique équivalent ou supérieur à 6mg/dl. Pour mener à bien leurs recherches, nos confrères espagnols ont analysé les données de 1.193 patients souffrant de goutte inclus dans une vaste cohorte prospective. Il s'agit en grande majorité d'homme (92%), âgés de 60 ans en moyenne, souffrant de goutte depuis 7 ans en général, présentant entre 3 et 4 poussées annuelles et dont le taux moyen d'acide urique était de 9,1mg/dl. Les données sur la mortalité au sein de la population de l'étude ont été analysées selon que le patient présentait un taux d'acide urique inférieur ou supérieur à 6mg/dl. Dans ce groupe et malgré un traitement adapté, 16% des patients avaient un taux d'acide urique au-delà de 6mg/dl. Au cours du suivi, on constate que le risque de mortalité toute cause était multiplié par un facteur 2,45 lorsque le taux en acide urique était supérieur à 6mg/dl. Il apparaît donc que ce taux constitue un facteur de risque indépendant de mortalité toute cause et devrait constituer à l'avenir un objectif de traitement pour limiter le risque de décès au sein de la population.