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Le gaming chez les jeunes

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Que ça soit sur leur smartphone, tablette, console ou PC, les jeunes passent environ onze heures par semaine à jouer. Il ne s'agit pas forcément de cyberdépendance mais la vigilence reste de mise.

27 juin 2019

D'après une enquête menée par les Mutualités Libres auprès de 976 jeunes âgés de 12 à 23 ans, six jeunes sur dix reconnaissent souffrir de problèmes physiques résultant du gaming. Des problèmes aux yeux (28 %), au cou/à la nuque (23 %), à la tête (22 %), au pouce (16 %) ou encore au bras (12 %). Plus de la moitié des jeunes s'est déjà sentie dans un état émotionnellement négatif suite au gaming. Des sentiments tels que l'épuisement (28%), l'exagération (18%), la culpabilité (12%) et l'isolement (11 %). " Depuis 2018, l'addiction aux jeux vidéo est un trouble qui a été reconnu par l'OMS et qui est entré dans la classification des maladies comme "Troubles liés aux jeux vidéos". Mais il ne s'agit pas de cyberdépendance au sens plus large " précise Mélanie Saremans, psychologue clinicienne- coordinatrice de la clinique du jeu à l'hôpital Brugmann.

Depuis 2018, l'addiction aux jeux vidéo est un trouble qui a été reconnu par l'OMS

Améliorer la confiance en soi

" Ici, à la clinique du jeu, on ne pose pas de diagnostic sur les jeunes que l'on suit. On regarde si les différents domaines comme les sphères scolaire, sociale, famialiale et affective sont affectés. Si le patient est épanoui au niveau relationnel et si ce n'est pas une pratique compulsive. Maintenant si le sommeil est impacté, si les résultats scolaires sont en baisse, s'il se replie sur lui avec des éléments dépressifs et des formes d'anxiété, alors on va sonner la sonnette d'alarme ", explique la psychologue. Les moyens thérapeutiques utilisés par la clinique du jeu sont principalement la parole, les techniques cognitives comportementales et la gestion des émotions. Des thérapies familiales peuvent également être mises en place, s'il y a des difficultés dans la famille qui poussent le jeune à se replier sur lui-même. " On travaille surtout la confiance en soi avec les jeunes pour qu'ils apprennent à faire d'autres activités alternatives. Beaucoup d'entre eux se replient derrirère les écrans car ils ont peur du monde, ils sont trop anxieux. Ils n'arrivent pas à être dans des groupes de jeunes, et ils se replient derrière leur écran pour combler les besoins sociaux. Parfois il y a de vraies phobies. Avec ce type de jeunes on va faire une thérapie par exposition où petit à petit, au sein de la séance sécurisante, on va s'imaginer se confronter à des situations. On travaille concrètement la façon dont on s'exprime, on se confronte aux autres, la posture, etc. des choses concrètes pour leur redonner confiance en eux. Mais derrière la cyberdépendance, il peut y avoir d'autres troubles associés. C'est plutôt ces troubles qu'on va essayer de dénicher en fait. "

Tout est dans l'équilibre

Le jeu vidéo n'est pas non plus à diaboliser, " car il apporte des émotions positives et des avantages. Il y a des choses positives qu'on peut acquérir en terme de compétence comme le fait de pouvoir se concentrer, trouver des stratégies de résolution de problèmes, ou encore coopérer, ce qui joue positivement sur la confiance en soi. Donc il ne faut pas totalement couper le jeune de tout ça, mais petit à petit essayer de réinstaurer une place plus compatible avec d'autres activités plus sociales. Parfois les parents éprouvent des difficultés à mettre des limites aussi. C'est sûr qu'il y a des règles et des limites à mettre en place. Il faut des contraintes et savoir être frustré et cela s'apprend avec des règles claires, " ajoute Mélanie Saremans.

Pour beaucoup de jeunes, le jeu vidéo est aussi une activité sociale : ils jouent ensemble avec des copains ou se font de nouveaux amis en ligne. " L'accès à des univers de fiction par le jeu est une activité importante pour les jeunes en temps, plaisir et investissement personnel ", explique Yves Collard, expert et formateur à l'éducation aux médias. " Avec les jeux vidéo, ils mettent en oeuvre une série d'expérimentations positives et exercent plusieurs compétences, pas seulement techniques. Par exemple, sur leurs écrans, ils modélisent des univers en lien avec leurs transformations psychiques et ses enjeux. S'ils prennent une distance apparente avec la vie sociale ou familiale, ils ne se coupent pas du monde : le jeu vidéo peut les aider à re-figurer certaines difficultés rencontrées dans la vie. Il réclame et développe attention et concentration prolongées, il est donc à alterner avec d'autres activités plus physiques. Il favorise le développement d'une mémoire de travail et multitâches."

Si les jeux vidéos présentent des avantages, il est important néanmoins de trouver un bon équilibre et d'être attentif aux symptômes liés à l'excès de jeux vidéo et à ses conséquences pour la santé physique et mentale.

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