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La fibromyalgie bientôt diagnostiquée grâce au microbiome intestinal ?

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Des scientifiques canadiens montrent que la composition du microbiome intestinal de personnes atteintes de fibromyalgie diffère de celle de sujets en bonne santé. Ils ont trouvé une corrélation entre la sévérité des douleurs chroniques, marqueur de la pathologie, et la présence accrue ou l'absence de certaines bactéries intestinales.

Luc Ruidant - 2 juillet 2019

Si les causes de la fibromyalgie sont encore mal connues, des chercheurs de l'université McGill pourraient avoir découvert un mécanisme biologique susceptible de l'expliquer.

L'étude a inclus 156 femmes dont 77 atteintes de fibromyalgie. Leurs microbiomes ont été comparés en utilisant une amplification du gène de l'ARNr 16S et un séquençage du génome entier. Dix-neuf différents types de bactéries intestinales ont ainsi été trouvés soit en plus grand nombre, soit en moindre quantité, dans le tractus gastro-intestinal des volontaires atteints de la maladie par rapport au groupe témoin.

"Grâce à l'apprentissage automatique, notre ordinateur a pu établir un diagnostic de fibromyalgie, basé uniquement sur la composition du microbiome, avec une précision de 87%," explique Emmanuel Gonzalez.

Les scientifiques, qui ont eu recours à l'intelligence artificielle afin de confirmer que les modifications observées chez les fibromyalgiques n'étaient pas dues à d'autres facteurs, tels que le régime alimentaire, les médicaments, l'activité physique ou l'âge, ont également découvert que la sévérité des symptômes des participants était corrélée à la présence accrue de certains micro-organismes bien particuliers, ou l'absence manifeste d'autres. En revanche, ils ont précisé qu'il était encore impossible pour l'heure de savoir si les bactéries intestinales sont la cause ou la conséquence de la fibromyalgie.

De plus amples recherches seront donc nécessaire pour déterminer un lien de causalité ou non.

Toutefois, les conclusions actuelles peuvent déjà mener à des pistes pour améliorer le diagnostic de la maladie, qui est difficile à établir, et surtout explorer de nouvelles modalités de traitement.

(référence : Pain, 18 juin 2019, doi : 10.1097/j.pain.0000000000001640)

https://journals.lww.com/pain/Abstract/publishahead/Altered_microbiome_composition_in_individuals_with.98647.aspx

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