L'immensité du désert

CHILI/ÎLE DE PÂQUES Cette année, c'est au médecin généraliste Peter Boeykens, originaire de Kester/Gooik, que revient l'honneur d'ouvrir notre série d'articles sur l'Amérique du Sud, en lien avec notre concours estival. Il s'est rendu, l'été dernier, dans deux endroits exceptionnels du Chili : le désert d'Atacama au nord et sur l'île de Pâques.
"L'Île de Pâques, c'est comme un rêve d'enfant. Mais dans la réalité, elle est encore plus impressionnante que tout ce que j'ai pu imaginer. Mystérieuse et si différente, elle est certainement l'un de ces endroits sur terre que je tenais à découvrir un jour ", confie le Dr Boeykens. Ce qui est frappant, c'est que la nature et le silence semblent, peut-être de manière inconsciente, être des éléments récurrents dans le choix de la destination de vacances. " Comme vous pouvez le constater, la pression est quotidienne au cabinet. Alors la nature et le silence sont des éléments bienvenus pour recharger les batteries et se détendre un moment ", explique-t-il. Ces éléments vont de pair avec un logement agréable, une cuisine raffinée et un bon verre de vin. " De ce point de vue, le Chili ne nous a pas déçus, bien au contraire. Tout était parfait. "

Le Dr Boeykens a pu constater à quel point le service et la qualité étaient au rendez-vous dans l'un de deux hôtels sélectionnés par notre partenaire de ce concours d'été, Atacama. C'est là que séjourneront les heureux gagnants du concours.
Le silence inestimable
Dans le cabinet du Dr Boeykens, le téléphone ne cesse de sonner. Alors en vacances, le calme et le silence sont les bienvenus ", expose sans détour le généraliste de Kester/Gooik. Cette fois, ce globe-trotter averti s'est laissé tenter par deux facettes différentes de la nature chilienne : le désert d'Atacama et l'île de Pâques.
" Nous avons déjà visité bon nombre de pays d'Amérique latine : le Brésil, l'Argentine, le Pérou, le Costa Rica. Je rêvais depuis longtemps de me rendre sur l'île de Pâques ", raconte P. Boeykens (56 ans). Et son épouse de poursuivre : " Nous avons finalement décidé de réaliser ce rêve, mais en le combinant avec le Nord du Chili. Deux destinations totalement différentes ". Le résultat : un voyage qui a apporté son lot d'images et d'histoires, " au-delà de toutes attentes. "

Le vide d'Atacama
Pour la première étape de son aventure chilienne, le couple a pris la direction du Nord du Chili. " San Pedro de Atacama est un village principalement composé d'hôtels. Et puis, c'est le grand vide. À la réflexion, j'aime les paysages désertiques. Nous avons déjà visité le Wadi Rum dans le passé. C'est là que je peux vraiment enproflter. Mais l'Atacama, c'est quand même autre chose. Les paysages sont différents, avec les plaines salées, les Andes en arrière-plan et la mer à l'horizon. Sans oublier le ciel bleu acier qui nous domine. C'est comme si le monde était totalement vide à cet endroit ", se souvient le Dr Boeykens.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : malgré le beau ciel bleu, il était recommandé de porter plusieurs couches de vêtements. " Le matin, il faisait assez froid, près de 0°C. Ok, c'était la basse saison quand nous y étions. Mais il n'avait plus plu depuis cinq ans. La seule eau que l'on y trouve vient de la fonte des Andes. Malgré tout, les nuances et les variétés de couleurs sont assez impressionnantes. "
Leur point de chute, l'hôtel Alto Atacama - l'un des hôtels où pourra séjourner le gagnant du concours d'été - propose à ses clients une foule d'activités. " Vous pouvez choisir parmi un programme très varié, allant de la promenade (d'une difficulté assez élevée avec 15 à 20 km à parcourir) dans l'un des nombreux lits de rivières asséchés, à une balade portant sur la découverte des cactus et de la flore locale, en passant par la randonnée en VTT dans les montagnes. Ils analysent toutefois vos capacités physiques et vous êtes très bien suivis. Car il ne faut pas oublier que l'on se trouve en haute altitude. En ce qui concerne ce dernier point : je connais des personnes qui souffraient du mal de l'altitude, mais heureusement, ce n'était pas notre cas". Figurait également au programme, la découverte du site de geysers (à 5.500 mètres ! ) et l'atmosphère particulière qui y règne. 'Mais contrairement à la plupart des clients, nous avons choisi de nous y rendre lorsque peu de personnes étaient présentes. Voir un tel endroit dans toute sa désolation lui confère évidement une dimension supplémentaire. "

Et pour finir, il y a le fameux ciel étoilé. " L'hôtel dispose d'un télescope que l'on peut utiliser en pleine nuit avec un guide pour observer les étoiles et les planètes. Comme il n'y a aucune pollution lumineuse, il est possible de distinguer Mars, Jupiter, Saturne. Ça en vaut vraiment la peine, vous savez ", explique-t-il visiblement excité. C'est comme si le Dr Boeykens revivait à nouveau son expérience tout en racontant son récit. Ce qui apporte encore plus de plaisir à le vivre.
Intégration
Ceci vaut également pour l'hôtel. " L'architecture de l'hôtel Alto Atacama est très raffinée. Lorsqu'on la regarde de haut, elle est totalement intégrée à l'environnement, ce qui est vraiment beau. En cuisine, il n'y a rien à redire : la carte vous offre le choix de nombreux plats raffinés accompagnés de très bons vins locaux. Je fais partie d'un club de vin, mais je ne suis pas un fin connaisseur des vins chiliens. Mais je dois quand même dire que le cépage carmenere produit de très bons vins que j'ai pu apprécier. D'ailleurs si vous restez ici, la plupart des vins sont compris dans l'offre. "

Le choix d'un hôtel all in comme l'Alto Atacama est une donnée importante pour le couple Boeykens. " Nous nous appuyons sur un certain nombre de critères : un bon hôtel, une cuisine recherchée et un vignoble dans les environs. Et si possible également un terrain de golf. Ce dernier critère n'a toutefois pas été rempli lors de notre voyage au Chili. Mais ces éléments de base motivent notre décision pour accéder à la détente. D'ailleurs, je ne prends pas mon GSM en voyage. Ma femme en a un avec elle, en cas d'urgence. "
Pollution atmosphérique
Le Dr Boeykens est assez bref quand il s'agit d'évoquer la capitale du Chili. C'est pourtant un arrêt nécessaire pour aller jusque dans le Nord du Chili et l'île de Pâques. Mais Santiago de Chili ne lui a pas laissé un souvenir impérissable. " Nous avons déjà visité de nombreuses villes, mais aujourd'hui notre choix pour des vacances se pose sur des endroits où la nature occupe une place centrale. Nous avons quand même fait des sorties en ville, mais je ne suis pas trop fan. J'ai surtout le souvenir d'une ville où la pollution atmosphérique était très présente car Santiago est située dans une vallée où roulent de nombreuses voitures datant des années 70. D'un autre côté, le médecin n'a jamais ressenti le moindre sentiment d'insécurité au sein de la métropole.

Les mystères de l'île de Pâques
Pour gagner l'île de Pâques, il faut compter cinq heures de vol depuis Santiago, explique P. Boeykens. Carte en main, il me montre le petit point dans l'océan. " Lorsque le pilote nous a dit que nous devions nous préparer à atterrir, je me suis dit : comment ça ? où devons-nous atterrir ? Il faut savoir que l'Ile de Pâques a une superficie de cinq kilomètres sur dix. C'est donc un tout petit point au beau milieu d'un énorme océan. "
D'après le médecin, la piste d'atterrissage mesure quand même quatre kilomètres de long. " Elle a été construite par la NASA, l'agence spatiale américaine, parce l'île de Pâques était l'un des seuls endroits au monde où les navettes américaines devaient pouvoir atterrir en cas d'urgence. "
Le caractère totalement isolé de l'île confère un sentiment d'autant plus spécial quand on s'y promène, souligne mon interlocuteur. 'Pour moi, c'était un rêve d'enfant. C'est ce que je voulais visiter un jour. C'est comparable avec les pyramides d'Egypte, sauf qu'ici vous restez un peu plus longtemps en chemin", reconnaît-il. 'L'île compte encore une centaine d'habitants d'origine polynésienne, quelques milliers de Chiliens et quelques touristes. Pour le reste, il n'y a rien. C'est ce qui donne à une telle visite un cachet si spécial et particulier, quelque chose que je n'ai jamais vécu dans un autre endroit au monde. "
Il en va de même pour les rencontres avec les autres voyageurs qui se rendent dans ce lieu reculé. " Nous avons discuté par hasard avec un couple venu d'Écosse. La dame, aujourd'hui pensionnée, était agent de voyage et a, au cours de sa carrière professionnelle, organisé et accompagné les tournées de David Bowie et de Dire Straits. C'était une histoire assez dingue en fait. "
Les Mo'hai sont évidemment les curiosités à ne pas manquer. Ces gigantesques statues font la renommée de l'île. Elles sont issues d'une carrière de pierre qui se dressent dans le paysage au sud-est de l'île, tout contre l'océan omniprésent. Ces statues sculptées dans du tuf sont souvent couchées un peu partout sur le sol. Celles qui sont debout, dans le paysage ou sur l'un des plateaux, sont pour la plupart dépourvues d'yeux. Il n'y en a qu'une qui possède des yeux incrustés, mais cette statue a été reconstruite sur l'un des plateaux avec l'aide des Japonais. " Dans les années 70, l'Île de Pâques a en effet été touchée par un tsunami et le Japon a apporté son aide au moment de sa reconstruction ", explique le médecin.
L'histoire mystérieuse qui entoure l'Ile de Pâques et sa civilisation ne laisse pas nos interlocuteurs impassibles. 'Lorsque le Hollandais Jacques Roggeveen fut le premier en 1722 à y atterrir, suivi de James Cooke en 1744, l'Île était quasiment inhabitée. Elle a dû être complètement boisée à un moment, mais des luttes tribales ont pratiquement décimé cette civilisation locale. On essaie d'imaginer comment était la vie avant, notamment quand nous empruntons des sentiers de lave souterrains. Mais il subsiste tant de questions, tant de mystères. C'est ce qui rend l'île de Pâques si spéciale. "