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L'empathie des soignants peut atténuer la douleur des patients

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Selon une étude française estampillée Inserm, lorsque les soignants prononcent des paroles empathiques, les patients ressentent une douleur plus faible. Les chercheurs lèvent aussi le voile sur les mécanismes cérébraux qui sont à l'oeuvre dans ce phénomène.

Luc Ruidant - 20 août 2019

L'objet de ce travail a consisté à confirmer scientifiquement une constatation courante dans les services hospitaliers, à savoir que le comportement d'un médecin ou d'un infirmier peut influencer le ressenti douloureux des patients. Ceux-ci vont percevoir une douleur plus faible si le soignant fait preuve d'empathie.

L'équipe NeuroPain du Centre de recherche en neurosciences de Lyon a demandé à des comédiens professionnels installés dans une pièce adjacente à celle dans laquelle se trouvait une personne saine subissant un test de prononcer des paroles neutres, emphatiques, ou non-empathiques, pré-écrites par des psychothérapeutes. Les participants, qui recevaient sur la main gauche des stimuli thermiques douloureux d'une intensité correspondant à 60 sur une échelle de 100 points, devaient évaluer l'intensité de leur douleur en fonction de cette échelle.

Résultat ? Les paroles empathiques diminuent la douleur ressentie d'environ 12% en comparaison avec des phrases neutres. Un pourcentage que Camille Fauchon considère comme "tout à fait significatif", précisant que "certains médicaments ne font pas mieux". En revanche, les commentaires négatifs augmentent peu la douleur, en tout cas de manière non significative. Le chercheur attribue cela à un mécanisme de défense : les sujets se protègeraient en arrêtant d'écouter...

Dans un second temps, 30 patients ont été soumis au même processus mais en plus, ils ont été placés dans un tunnel d'IRM fonctionnelle pour que les chercheurs puissent analyser leurs signaux cérébraux. Ils entendaient les mêmes commentaires dans un casque audio, laissé ouvert "par inadvertance".

Les auteurs ont constaté que les commentaires empathiques ont modulé l'activité des réseaux cérébraux dits "supérieurs", en particulier le cortex cingulaire postérieur et le precuneus. Ces réseaux, qui sont corrélés à l'attention, la mémoire autobiographique, la conscience de soi, l'exploration du contexte, etc., sont ceux qui donnent de la consistance à la douleur en y ajoutant des dimensions émotionnelles, cognitives ou liées au contexte.

"En modifiant le contexte par une attitude empathique, on modifie la perception douloureuse via le recrutement de réseaux cérébraux de haut niveau", conclut Camille Fauchon.

(référence : Scientific Reports, 10 juin 2019, DOI : 10.1038/s41598-019-44879-9)

https://www.nature.com/articles/s41598-019-44879-9#article-info

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