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MDS à bas risque de progression : apport de l'inhibition de la télomérase

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SYNDROMES MYÉLODYSPLASIQUES L'anémie est le problème essentiel des syndromes myélodysplasiques à faible risque de transformation en leucémie aiguë myéloïde, tout particulièrement chez le sujet âgé. D'une part, la correction de cette anémie impose bien souvent le recours à des transfusions dont les contraintes sont bien connues et d'autre part, un taux bas d'hémoglobine est associé à une très mauvaise qualité de vie.

4 septembre 2019

"Ces données expliquent que l'on s'efforce le plus possible d'améliorer le taux d'hémoglobine sans utiliser les transfusions sanguines. En général, l'approche consiste à utiliser d'abord les agents de stimulation de l'érythropoïèse (EPO et darbépoïétine) mais cela ne fonctionne pas chez tous les patients. De façon générale, l'efficacité est limitée à une période de deux ans environ, après quoi il faut envisager des traitements de 2e ligne.

Ceux-ci sont très peu nombreux, il s'agit du lénalidomide, utilisé essentiellement chez les sujets avec une délétion 5q ainsi que des hypométhylants, qui n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché en Europe. Ils sont d'ailleurs peu efficaces dans les syndromes myélodysplasiques avec anémie prédominante, et assez toxiques. Enfin, il y a le luspatercept dont les premières données ont été présentées lors de l'ASH 2018 et qui semble surtout efficace dans les formes sidéroblastiques.

J'ai présenté ici des données concernant l'imételstat, premier représentant de la classe des inhibiteurs de télomérase. Elles portent sur 38 patients réfractaires ou résistants à l'EPO, de risque faible ou intermédiaire-1 selon l'IPSS et qui étaient très dépendants des transfusions. La moyenne d'administration était de 8 concentrés par 8 semaines. Chez ces patients qui n'avaient pas reçu de traitements de 2e ligne, l'imételstat administré en IV à la dose de 7,5 mg/kg toutes les 4 semaines a permis d'obtenir une indépendance transfusionnelle de 8 semaines (critère principal d'évaluation) chez 16 d'entre eux (42%). L'efficacité semble durable puisque la médiane estimée est de 86 semaines, ce qui serait donc plus long qu'avec d'autres traitements de seconde ligne. Il n'a pas été observé d'effets secondaires majeurs, excepté, chez environ 60% des patients, des neutropénies et des thrombopénies, mais qui étaient transitoires.

Ces résultats sont donc prometteurs, d'autant plus que ce composé est également efficace chez les sujets avec des facteurs de risque (excès de blastes, trisomie 8 et autres anomalies chromosomiques) et chez lesquels la probabilité de transformation est donc plus élevée. Nous avons documenté des taux de réponse plus élevés chez ces patients particuliers. "

Propos recueillis auprès du Pr Pierre Fenaux, Paris, France (S837). EHA 2019, Amsterdam 13-16 juin

MDS à bas risque de progression : apport de l'inhibition de la télomérase

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