Dépistage pour la mort subite du nourrisson ?

PÉDIATRIE Une équipe du CHRU de Strasbourg vient de publier une étude sur l'hyperactivité vagale qui permet de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la mort subite du nourrisson. Les auteurs espèrent pouvoir à terme généraliser un test sanguin de dépistage des nouveau-nés exposés au risque de cette pathologie.
La physiopathologie de la syncope vasovagale ou réflexe n'est pas complètement comprise, mais une hyperactivité vagale pourrait être impliquée. De précédents travaux ont montré une surexpression des récepteurs M2 muscariniques et de l'acétylcholinestérase en particulier dans le coeur et dans les lymphocytes de lapins présentant une suractivité vagale, ainsi que dans les coeurs de nourrissons victimes du syndrome de mort subite.
Des chercheurs strasbourgeois viennent de mener une étude afin d'examiner l'expression du récepteur M2 dans le sang de patients atteints de syncope réflexe et de mesurer l'expression de l'acétylcholinestérase chez ces mêmes patients. Pour cela, ils ont enrôlé 136 sujets dont 45 adultes présentant une syncope réflexe récurrente qui ont été comparés à 32 volontaires adultes en bonne santé et 38 enfants avec une syncope réflexe nécessitant une hospitalisation, comparés à 21 témoins. Les adultes étaient âgés de 18 à 50 ans et les enfants de un à 17 ans. Un échantillon de sang a été prélevé sur chaque sujet.
Du lapin au bébé
Résultat ? Tout comme chez les lapins présentant une suractivité vagale, une surexpression des récepteurs M2 ainsi qu'une hausse de l'acétylcholinestérase ont été observées tant chez les patients adultes que pédiatriques par rapport aux témoins.
Forts de leur découverte, les scientifiques ont décidé de poursuivre leurs travaux, en effectuant des prélèvements, avec l'accord des parents, sur des bébés de moins d'un an hospitalisés pour des malaises graves, afin d'établir des valeurs de référence pour les nouveau-nés et les prématurés. Ils aimeraient pouvoir proposer leur test sanguin à large échelle en même temps que les autres dépistages néonataux effectués à l'âge de trois jours.
PLOS ONE, 18 juillet 2019, doi : 10.1371/journal.pone.0219598