La Flandre lorgne sur les pays scandinaves

Le gouvernement flamand se veut " très ambitieux " dans sa déclaration de politique régionale (DPR) concernant le bien-être et la santé. " Nous voulons rejoindre les pays scandinaves, tant en termes d'économie et de prospérité qu'en matière de protection sociale et de bien-être. "
La DPR du gouvernement flamand entend continuer ce que la Suédoise avait mis en place lors de la précédente législature : réforme de la première ligne, et surtout, mise en place progressive d'une sécurité sociale flamande.
La Flandre compte travailler à un " démantèlement complet du secteur des soins et de la protection sociale ". Comprenez : la Flandre veut supprimer les barrières séparant les différents secteurs de soins. La volonté est d'intégrer santé mentale, soins des personnes handicapées et des personnes âgées au sein de la Protection sociale flamande (Vlaamse sociale bescherming, base de la future sécurité sociale flamande) afin que cette dernière soit encore plus étendue que par le passé. " L'offre n'est plus le point de départ, mais bien le Flamand avec une demande de soin et d'assistance spécifique. La qualité de vie du Flamand (sic) est ici centrale. "
La centralisation voulue par le gouvernement flamand passe par une rationalisation et une simplification de l'ensemble des matières du portefeuille. L'attention du processus sera notamment portée sur des soins primaires qualitatifs, avec la reconnaissance de 60 zones de première ligne à compter du 1er juillet 2020, et la définition de zones de soins régionales multidisciplinaires d'ici le 1er juillet 2021 pour un fonctionnement prévu au plus tard le 1er janvier 2022. Les hôpitaux feront partie de ces zones afin d'assurer une coordination accrue avec la première ligne.
Wouter Beke à la baguette
Le Limbourgeois de 45 ans (CD&V) sera chargé de transformer les paroles en actes. Un " super poste " pour le président du parti démocrate-chrétien, qui lui a valu la une du Morgen mercredi. Il succède à Jo Vandeurzen (CD&V), resté maître du portefeuille de la santé deux mandats durant.
Wouter Beke étudie les sciences politiques à la KUL. Durant sa carrière, le natif de Lommel a régulièrement plaidé pour plus de pouvoirs flamands, mais il a toujours rejeté le séparatisme du partenaire du cartel N-VA. Ce qui ne l'a pas empêché de goûter au pouvoir avec les nationalistes flamands depuis 2007.
La crise politique de 2010-2011 le voit devenir président de parti, poste qu'il aura occupé près de dix ans. Lors des dernières élections, le CD&V atteint péniblement les 15%, alors que l'objectif était fixé à 20%. Une défaite pour Wouter Beke qui annonce dans la foulée qu'il ne sera pas candidat pour succéder à la présidence du parti. Autant dire que ce mandat constitue une aubaine pour lui.
À noter également que le départ de la NV-A du gouvernement fédéral l'a propulsé brièvement ministre fédéral de l'Emploi et de l'Économie (entre autres) entre 2 juillet 2019 et début octobre donc. Un mandat de trois mois seulement.