Taux de vitamine D, mortalité et diabète

La carence en vitamine D est connue pour être un facteur de risque de décès, mais les tranches d'âge les plus concernées et les causes des décès sont mal cernées.
C'est dans ce contexte que se situe une étude autrichienne ayant porté sur près de 80.000 sujets (âge moyen 51ans, 31,5% d'hommes) dont les taux sanguins de vitamine D (25-hydroxyvitamine D) avaient été déterminés entre 1991 et 2011. Le devenir de ces patients a été recherché par consultation du registre national des décès. Les auteurs ont utilisé un taux sanguin de vitamine D de 50 nmol/l (limite inférieure de la normalité) comme valeur de référence et ont calculé le risque de décès pour les taux bas (≤10 nmol/l) et élevés (≥90 nmol/l) L'analyse montre que les taux bas sont associés à un risque de décès deux à trois fois plus élevé et que cela concerne surtout les sujets âgés de 45 à 60 ans. A l'inverse les taux élevés sont associés à une réduction de 30 à 40% de la mortalité toutes causes confondues, le plus grand effet étant observé dans le groupe d'âge 45 à 60 ans. Aucune association statistiquement significative entre taux de vitamine D et mortalité n'est observée chez les sujets de plus de 75 ans.
Pour la question du type de décès en cause, les investigateurs ont séparé les individus en deux groupes taux ≤50 nmol/l et taux ≥50 nmol/l. Il s'avère que les associations les plus fortes entre taux de vitamine D et les causes de décès ne concernent ni les maladies cardiovasculaires, ni le cancer. Le plus grand effet de la vitamine D concerne les décès dus au diabète dont le risque est 4,4 fois plus élevé dans le groupe ≤50 nmol/l) que dans le groupe >50 nmol /l. A noter également un risque de décès par maladies infectieuses doublé dans le groupe ≤50 nmol/l. L'analyse n'a pas révélé d'accroissement du risque de décès pour les taux de vitamine D >100 nmol/l.
Les investigateurs concluent que leurs résultats renforcent l'idée qu'une supplémentation généralisée en vitamine D pourrait prévenir la mortalité prématurée et contribuent à atténuer les inquiétudes quant à un éventuel effet néfaste de taux supérieurs à la normale.
D'après R. Marculescu et al. EASD 2019 poster 325