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Le sport, oui, mais point trop n'en faut !

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A l'origine d'une grande fatigue et de performances réduites, un surentraînement sportif peut également nuire aux capacités cérébrales de la même manière qu'un travail intellectuel excessif et donner lieu à des prises de décisions impulsives. Cela pourrait même favoriser la survenue d'un burn-out, selon une étude française.

Luc Ruidant - 15 octobre 2019

Partant de l'hypothèse selon laquelle la fatigue qui résulte d'un surentraînement sportif ressemblerait à celle engendrée par un effort intellectuel prolongé et qu'elle serait associée aux mêmes mécanismes cérébraux, Mathias Pessiglione, directeur de recherche Inserm, et ses collègues ont suivi 37 triathlètes pendant neuf semaines.

Ces derniers ont été répartis en deux groupes : un s'est contenté d'un entraînement "normal" de haut niveau, tandis que l'autre a subi une surcharge d'entraînement pendant les trois dernières semaines de l'expérience, avec une augmentation de la durée des séances de 40% en moyenne. Tous les participants ont été soumis à des examens d'IRM fonctionnelle et à des tests comportementaux tout au long de l'étude.

Verdict ? Pratiqué à l'excès, le sport devient nocif. Les chercheurs ont découvert qu'un entraînement sportif trop intense entraîne une réduction de l'activité du cortex préfrontal latéral, zone clef pour le contrôle cognitif, exactement comme lors d'un surmenage intellectuel. Dans les deux cas, la baisse d'activité cérébrale se traduit par des décisions impulsives, privilégiant les gratifications à court terme plutôt que les buts à long terme.

Pire : les auteurs estiment que, sur le plan clinique, la fatigue et la réduction du contrôle cognitif pourraient constituer une première étape dans le développement d'un syndrome plus large et affectant de nombreuses personnes, celui de burn-out. Ils espèrent pouvoir mettre en place des interventions visant à prévenir cet épuisement complet qui peut être causé par trop de travail mental, trop de sport ou parfois les deux à la fois.

(référence : Current Biology, 26 septembre 2019, doi : 10.1016/j.cub.2019.08.054)

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982219311042

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