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Vers une prise de sang pour diagnostiquer l'autisme et en prédire la sévérité

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Via une analyse de sang chez des enfants atteints de TSA, des chercheurs californiens viennent de découvrir dans leurs leucocytes un réseau de gènes perturbé comprenant des gènes hautement exprimés au cours du développement cérébral du foetus. Plus le réseau dysfonctionne, et plus l'autisme qui en résulte est sévère.

Luc Ruidant - 30 octobre 2019

A l'heure actuelle, les méthodologies de diagnostic de l'autisme reposent largement sur l'identification clinique des symptômes comportementaux révélateurs, tels que des expressions faciales anormales, des capacités de communication limitées et des interactions sociales inappropriées, qui peuvent toutes être instables à un âge précoce, rendant le diagnostic et les prédictions très difficiles.

Selon le Pr Courchesne, il y a dès lors un besoin urgent de tests robustes permettant d'identifier dès le plus jeune âge le trouble du spectre de l'autisme (TSA) et sa gravité attendue afin que le traitement puisse débuter tôt, et que chaque enfant concerné puisse obtenir de meilleurs résultats. Une intervention précoce bonifie en effet la qualité de vie des personnes atteintes.

D'où l'importance de cette étude au cours de laquelle les scientifiques ont analysé les données d'expression de gènes dans le sang de 302 garçons âgés d'un à quatre ans, avec et sans diagnostic de TSA. Cette analyse leur a permis de découvrir un réseau de gènes perturbé dans les TSA, notant que ce réseau est essentiel au développement cérébral du foetus et est également dérégulé dans les modèles cellulaires de TSA.

"La génétique des TSA est extrêmement hétérogène," explique le Pr Nathan E. Lewis. "Des centaines de gènes sont impliqués, mais les mécanismes sous-jacents restent obscurs."

"De plus en plus de preuves indiquent que les TSA sont un trouble progressif qui, aux stades prénatal et postnatal précoce, impliquent une cascade de changements moléculaires et cellulaires", renchérit Eric Courchesne.

C'est au sein de cette cascade, que les chercheurs ont identifié le nouveau maillon, une trouvaille parfaitement cohérente avec les précédentes découvertes, puisque la fonction de ce réseau dépend notamment de certains gènes déjà identifiés comme facteurs de risque de TSA. D'après les auteurs, ces gènes pourraient acheminer des signaux anormaux via cet important réseau qui émettrait alors à son tour des signaux modifiant la formation du cerveau et les schémas de câblage foetaux et postnatals.

En outre, cette étude a permis de révéler une piste très intéressante : la sévérité des TSA est directement corrélée au degré d'altération du réseau.

Si le lien entre ce réseau de gènes et l'autisme est établi, il reste à confirmer ces résultats dans d'autres études plus vastes ainsi qu'à prouver la relation de cause à effet, et in fine à concevoir les tests cliniques de diagnostic et de sévérité.

(référence : Nature Neuroscience, 23 septembre 2019 DOI : 10.1038/s41593-019-0489-x)

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