L'assistant de pratique plébiscité

Globalement, les médecins se montrent majoritairement favorables au rôle de l'assistant de pratique. Pour 12%, il est " indispensable " et pour 58% il est " utile ". Seuls 8% le jugent " inutile " et 7% " dangereux ".
Il faut un peu nuancer ces résultats positifs parce que, est-ce une différence de formation ou d'organisation, mais l'enquête révèle qu'au Nord du pays les médecins ont un sentiment nettement plus positif par rapport à l'assistant de pratique qu'au Sud : 82% se déclarent favorables (" utile " et " indispensable ") pour 46%.
Quelles tâches les médecins accepteraient-ils de déléguer à un assistant de pratique placé sous leur autorité ? L'enquête révèle que les répondants sont prêts à déléguer à un assistant de pratique la biométrie (93% " pour "), les examens techniques (84% " pour "), le contrôle du schéma de vaccination (81% " pour ") et la prévention (78%). Les avis sont partagés au sujet du dépistage du cancer colorectal et du sein (50% " pour " vs 50 % " contre ") et de l'injection de vaccins (49% " pour " vs 51% " contre "). Par contre, hors de question pour la majorité de déléguer l'adaptation de la posologie de médicaments chroniques (91% " contre "), la prescription de médicaments actuellement soumis à la prescription (89% " contre "), les diagnostics limités (85% " contre ") et l'adaptation du schéma d'insulinothérapie (79% " contre ").

Comment les médecins voient concrètement la réalisation de ces actes? Les répondants sont plus favorables au principe de la délégation sous supervision directe ou de la supervision distante immédiatement disponible qu'au principe de la délégation sous supervision distante a posteriori. Ils se montrent fort opposé à l'autonomie totale (voir graphique ci-dessous).
Cette enquête en ligne de l'Absym et du journal du Médecin, réalisée durant la seconde quinzaine du mois d'octobre 2019 via le site du journal du Médecin/Artsenkrant et relayée par les newsletters de l'Absym et du jdM/AK, a été complétée par 675 répondants francophones et néerlandophones.

Les pharmaciens ne sont pas des vaccinateurs
Plus d'un médecin sur deux (56%) trouve qu'il serait " dangereux " de permettre au pharmacien de renouveler les traitements remboursés sans ordonnance. Pour 8% c'est " inutile " et pour 8% c'est " utile ". Un petit tiers des répondants estiment que cela serait " envisageable ". Les médecins francophones et néerlandophones sont du même avis sur le caractère dangereux de cette délégation (54% vs 56%). Au Sud du pays, ils sont plus nombreux à la considérer comme " envisageable " qu'au Nord (33,5% vs 26%).
Quid de l'initiation par le pharmacien de traitements remboursés sans ordonnance ? Vous êtes manifestement contre. Huit médecins sur dix estiment que c'est " dangereux " et 9% " inutile " (voir graphique).
Selon une enquête récente réalisée par le Pharmacien (édité également par RHC, ndlr) l'administration de vaccins, notamment contre la grippe, est perçue par 62% des pharmaciens comme pouvant faire partie de leurs tâches. Environ un quart (26%) ne sont pas vraiment d'accord avec cette nouvelle attribution et 12% sont totalement contre. Les médecins ne partagent pas vraiment cet avis. Pour 63% des répondants l'administration des vaccins par les pharmaciens seraient " dangereuse " et pour 18% " inutile ". 26% la trouvent soit " envisageable " (12%) soit utile (8%). Il n'y a pas de différences linguistiques à ce sujet.
