PremiumGastro-entérologie

Cancer colorectal, sur la piste de nouveaux biomarqueurs

photo

Des études ayant suggéré que des altérations de la flore microbienne colique (microbiote) étaient susceptibles d'augmenter le risque de cancer colorectal (CCR) chez l'homme, une équipe française s'est attachée à essayer d'expliquer cette augmentation du risque.

Dr Jean-Claude Lemaire - 20 novembre 2019

Dans un premier temps, les investigateurs ont transplanté des prélèvements de microbiote provenant de sujets atteints de CCR et de témoins sains à des souris axéniques exposées à un agent cancérigène. Ces expérimentations ont révélé que 7 ou 14 semaines après la transplantation, les souris ayant reçu des prélèvements provenant de sujets atteints de CCR développaient plus de lésions précancéreuses (grand nombre de cryptes aberrantes dans le tissu colique), présentaient une augmentation de la division des cellules épithéliales, une inflammation accrue et plus de modifications épigénétiques (méthylation de l'ADN) que les souris ayant reçu des prélèvements de témoins sains.

Dans le cadre d'une étude pilote ayant concerné 266 personnes, il a été constaté que les taux de méthylation de l'ADN de 3 gènes (Wif1, PENK et NPY) étaient corrélés à des modifications de composition du microbiote associées au CCR. Vérification a été faite sur une cohorte distincte de 1.000 sujets dans laquelle les sujets atteints de CCR présentaient également des taux de méthylation de l'ADN plus élevé pour ces 3 gènes que les témoins sains. L'analyse métagénomique a révélé que l'abondance de certaines espèces bactériennes, notamment Parvimonas, était directement associée à une augmentation de méthylation de l'ADN.

Le tout mis ensemble amène les investigateurs à conclure que des modifications du microbiote peuvent entraîner des modifications de la méthylation de l'ADN qui favorisent le développement du CCR. Ils avancent par ailleurs que ces deux types de modifications pourraient servir de biomarqueurs du CCR.

I Sobhani et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2019 Nov 12. https://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1912129116

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Mieux comprendre les facteurs de rémission des MICI

Les liens de causalité entre alimentation et risque de développement de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont déjà été largement étayés. Une récente étude multicentrique franco-belge permet de mieux comprendre dans quelle mesure l’alimentation entretient l’activité inflammatoire, que ce soit dans la maladie de Crohn ou dans la rectocolite ulcéro-hémorragi

Gastrites, gastropathies : comment les distinguer ?

La surprescription des IPPs, l’un des chefs de bataille de notre actuel ministre de la santé, doit s’inscrire dans le cadre d’une meilleure compréhension des mécanismes physio-pathologiques sous-jacents. Cet article, fondé sur les propos du Pr Pierre Deprez (Cliniques universitaires Saint-Luc), propose une révision des principales causes de gastrites et de gastropathies.

Amazon Pharmacy lance la distribution du comprimé Ozempic à domicile et en point de retrait

Amazon Pharmacy poursuit son offensive dans la pharmacie en ligne. La plateforme de livraison de médicaments d’Amazon annonce étendre, aux États-Unis, l’accès à la version orale d’Ozempic, le GLP-1 de Novo Nordisk destiné aux patients atteints de diabète de type 2.

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine