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Hépatite chronique B ou C et risque d'hépatocarcinome

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Grâce au séquençage de l'ARN de biopsies hépatiques, des investigateurs belges et néerlandais ont identifié, chez des sujets ayant une hépatite chronique B et C n'ayant pas encore reçu de traitements antiviraux, les premiers profils transcriptomiques hépatiques qui pourraient permettre de faire la distinction entre ceux qui sont susceptibles de développer ultérieurement un carcinome hépatocellulaire (CHC) de ceux qui ne le sont pas.

Dr Jean-Claude Lemaire - 20 novembre 2019

Présentée en session late breaking abstract lors du récent congrès de l'United European Gastroenterology (UEG week 2019), ce travail présenté par Sven Van Hees de l'Université d'Anvers a concerné cinq cliniques d'hépatologie au sein desquelles ont été identifiés rétrospectivement 72 sujets atteints d'hépatite chronique B et C, cirrhotiques ou non, chez qui une biopsie hépatique avait été pratiquée avant le début du traitement antiviral. Parmi ces sujets, 34 (cas) ont par la suite développé un CHC (médiane 8,3 ans ; intervalle interquartile 4,8-10,1 ans). Ces sujets ont été appariés à des sujets témoins atteints d'hépatite chronique B et C n'ayant pas développé de CHC dans le cadre d'un suivi similaire ou plus long.

En dépit de caractéristiques cliniques et démographiques bien appariées au départ, le séquençage de l'ARN réalisé sur des extraits des biopsies initiales a permis d'identifier selon les sous-groupes de 450 à plus de 2.000 gènes différentiellement exprimés entre les cas et les témoins. Il y avait peu de gènes communs exprimés de manière différentielle par les patients atteints d'hépatite chronique B et C cirrhotiques et non cirrhotiques (chevauchement ≤ 10%), suggérant que les processus oncogénétiques déclenchés par les virus et conduisant au CHC pouvaient être différents.

Il a été souligné que parmi les 20 principaux gènes dont l'expression était augmentée ou diminuée, 40 à 75% avaient déjà été mis en relation avec l'oncogenèse, ce qui plaide en faveur de la pertinence biologique des résultats.

En se basant sur les niveaux initiaux d'expression de 20 gènes dont plusieurs avaient été associés avec l'hépatocarcinogenèse, une prédiction de développement de CHC a pu être réalisée de façon correcte dans 84,7% des cas, valeur prédictive positive 75,8% et valeur prédictive négative 92,1%.

Des résultats qui suggèrent que le foie des patients atteints d'hépatite B et C chroniques contient une empreinte génétique de développement d'un CHC et que cette signature de 20 gènes pourrait permettre de prédire le développement futur d'un CHC avec une grande précision.

S Van Hees et al. UEG Journal 2019; 7 (Suppl 8). UEG week 2019, Barcelone 19-23 Octobre.

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