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Recherche médecin d'assurance désespérément

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Méconnue, la profession de médecin expert pour les compagnies d'assurance privées souffre, comme tant d'autres, de pénuries. C'est pourquoi l'union professionnelle représentant les assureurs (Assuralia), Abefradoc (Association belge francophone du dommage corporel) et Benevermedex (Belgische Nederlandstalige Vereniging van Verzekeringsraadsgeneesheren en Medische Experten) lancent ces jours-ci l'asbl Expecto pour promouvoir cette profession. Laquelle est cumulable avec une activité clinique de médecin généraliste ou spécialiste. Un numéro Inami n'est pas indispensable pour exercer exclusivement en tant que médecin expert. L'inscription à l'Ordre, par contre, l'est.

28 novembre 2019

Éclaircissons d'emblée la terminologie : le médecin expert (ME) n'est pas un médecin conseil travaillant pour une mutualité, ni un médecin expert judiciaire, pas davantage un médecin d'assistance ou de recours. C'est un médecin spécialisé possédant à la fois des compétences cliniques et juridiques et qui est chargé d'évaluer un cas ou une situation médicale pour une compagnie d'assurance privée. Son titre officiel est " médecin spécialiste en expertise médicale et en médecine d'assurance ". Le ME peut toutefois combiner ses activités de médecin d'assurance avec celles de médecin expert judiciaire. Il peut également travailler en tant que salarié au sein d'une entreprise d'assurance, pour une mutualité, pour l'inspection Inami, pour les cours et tribunaux, etc. La formation de médecin expert est identique à celle de médecin de recours.

Inscrit à l'Ordre des médecins (mais ne devant pas disposer d'un numéro Inami), le médecin expert est soumis à la déontologie médicale.

Ce ME remplit en indépendant et en toute autonomie des missions rémunérées pour un assureur privé, lequel ne peut exercer aucune pression quant au diagnostic et au contenu du rapport d'expertise. Soit le ME intervient au moment de l'exécution d'un contrat d'assurance en examinant le patient, soit il adresse, au moment de la souscription d'un contrat d'assurance, un questionnaire médial à l'assuré. Il peut également intervenir dans l'envoi d'un questionnaire adressé au médecin traitant. Il peut mener des examens médicaux complémentaires.

Rôle essentiel pour l'assuré

Le ME joue donc un rôle essentiel pour l'assuré puisqu'il permet au preneur d'assurance de recevoir de son assureur une offre d'assurance adaptée en fonction de son état de santé. Pour obtenir une indemnité, l'assuré dépend également de l'avis du ME qui évaluera son dommage corporel, ses lésions, le lien de cause à effet entre celles-ci et l'accident. Le ME défend également les victimes dans le cadre d'une contestation médicale (notamment au sein de l'assurance protection juridique).

Son intervention peut être unilatérale (examen d'une victime d'un accident du travail ou d'un accident de droit commun) ou amiable. Inscrit à l'Ordre des médecins (mais ne devant pas disposer d'un numéro Inami), le ME est soumis au code de déontologie médicale. En tant qu'indépendant, il peut combiner ses missions avec, par exemple, un cabinet de médecine générale ou spécialisée. Outre ses compétences médicales, il connaît les différents régime d'assurance et est capable de traduire ses constats médicaux en conclusions utiles à la souscription d'un sinistre ou à sa gestion.

Convivialité

N'entretenant pas de relation thérapeutique, le ME porte en principe un regard objectif et indépendant sur le patient qu'il examine. Lors de l'examen, le patient peut se faire accompagner de son médecin. Dans des matières hautement spécialisées, le ME peut faire appel à des confrères spécialistes, les " sapiteurs ". Il se réfère, en tout état de cause, à l'état actuel des connaissances médicales (EBM) puis rédige un rapport à l'assureur. Ce rapport vaut avis à l'assureur à qui il revient de prendre la décision finale.

Un métier apparemment convivial et agréable si l'on en croit plusieurs acteurs de terrain mais qui souffre soit d'une mauvaise réputation (" vendu aux assureurs ") soit est peu connu des étudiants en médecine et des médecins praticiens installés. La formation universitaire est peu visible dans les facultés (lire encadré). Le Forem en parle peu, les offres d'emploi sont rares. Pour toutes ces raisons, la discipline souffre de pénuries encore accentuées par le vieillissement qui accélère les départs à la retraite sans être toujours remplacés.

Il y aurait actuellement 150 ME en Belgique dont une centaine au sud du pays. Il en manque quelques dizaines.

C'est pourquoi les deux associations représentant les ME (Abefradoc et Benevermedex) ont décidé d'unir leurs forces au sein d'une asbl : Expecto. Ce qui signifie en latin " prévoir " et " attendre ".

Métier très polyvalent

Expecto va lancer une campagne de communication et offrir davantage de stages, soit à l'attention des étudiants en médecine soit des médecins installés, notamment les généralistes, qui estiment avoir fait un peu " le tour des pharyngites " ou qui veulent varier les plaisirs et réorienter leurs carrières. Le stage dure deux ans pour les frais émoulus docteurs en médecine mais peut être ramené à un an pour les médecins installés. Comme pour les assistants traditionnels, le stagiaire est accompagné par un maître de stage qui l'initie aux subtilités du métier. Une partie de la formation est purement juridique puisqu'il faut jongler avec le droit des assurances. La première nuance de taille est de faire la différence entre un accident du travail et un accident de droit commun, radicalement différents quant à la preuve à apporter (en droit commun, c'est la victime qui démontre le lien de cause à effet entre la pathologie ou la lésion et l'accident).

Expecto estime que le métier a de nombreux atouts : les missions sont nombreuses (il y a du travail en abondance et donc des honoraires proportionnels), l'organisation du travail est libre et compatible avec une vie privée de qualité (pas de garde de nuit ou de week-end ! ). Les missions sont variées et abordent de multiples disciplines en interaction avec des experts extérieurs. Elles sont cumulables avec un job de médecin traitant. Enfin, le ME dispose du soutien de l'assureur au niveau juridique et digitalisation/informatisation.

Les honoraires, dont le détail ne nous a pas été fournis, sont proportionnels à l'exigence de la profession, supérieurs en tout cas aux tarifs des visites et consultations garantis par l'Inami.

Découvrir les FAQ sur https://www.dr-expecto.be/fr/faq

Délégation des tâches

Il y a quinze jours, le journal du Médecin et l'Absym ont justement mené une enquête auprès de 677 médecins au sujet de la multidisciplinarité (voir jdM n°2608). S'il en ressortait que la plupart des médecins étaient favorables à la multidisciplinarité, bon nombre n'envisagent pas (encore) de déléguer certaines tâches. C'est le cas de la prescription ou de l'adaptation de la posologie de médicaments chroniques par exemple.

Pour le Dr Bets, deux facteurs influent sur les mécanismes de défense des médecins. " Premièrement, il ne faut pas oublier que l'acte est le gagne-pain du prestataire. Si on délègue les actes, il y a donc un manque à gagner que certains craignent. Je pense qu'il faut contourner ce problème en proposant d'autres financements pour rémunérer le rôle de coordination du médecin dans ce cas. Il faut un incitant. Deuxièmement, il faut que chacun soit responsable de ses actes. La responsabilité ne doit pas incomber au seul médecin dans le cas d'une délégation de tâche, mais bien au professionnel de soins qui fait effectivement l'acte. En MRS par exemple, lieu où la multidisciplinarité devrait être encore plus facilement mise en place, les infirmières appellent encore trop souvent le médecin pour avoir son aval alors que ce n'est pas systématiquement nécessaire. "

Recherche médecin d'assurance désespérément
© FAGC

Réseau Mosaïque

L'un des quatre ateliers proposé en matinée s'intéressait au réseau Mosaïque, " un projet pilote qui permet aux patients de pouvoir consulter le psychologue pour quatre euros (BIM) ou 11 euros (non BIM) " détaille le généraliste carolorégien. " C'est une manière de lever le frein financier de l'accès à la santé mentale. Il faut bien entendu répondre à certaines conditions, notamment la prescription du médecin (deux prescriptions de quatre séances maximum). "

Ces conditions se trouvent dans le détail sur le site de l'Inami. Pour pouvoir être remboursé, le patient doit être âgé de 18 à 64 ans inclus à la date de la première séance et souffrir d'un problème psychique modérément sévère d'anxiété, de dépression ou de consommation d'alcool qui peut être suffisamment traité grâce à un nombre limité de séances de psychologie de première ligne.

" Il faut donner un apport financier plus important aux psychologues, car ce sont des professionnels ", note le Dr Bets, familier du projet Mosaïque. " Parfois, nous jouons aux psychologues alors qu'on n'a pas forcément la formation pour le faire. De plus, pour certains patients, il est compliqué de se confier au médecin. Le problème, c'est que la consultation chez le généraliste coûte un euro pour un patient BIM. Et avant ce projet pilote, ce même patient devait débourser une somme de 40-50 euros pour une consultation chez un psy. Un gros frein. "

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