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ART centrés sur le dolutégravir: analyse en conditions réelles d'une cohorte de 4101 patients belges

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Sous la bannière du Consortium belge de recherche sur le VIH (BREACH), cinq centres hospitaliers universitaires et l'Institut de médecine tropicale d'Anvers ont mené une étude destinée à évaluer les traitements ART combinés centrés sur le dolutégravir en condition de pratique réelle auprès de plus de 4.000 patients belges. Présentés sous forme d'ePoster lors de l'édition 2019 du congrès de l'EACS à Bâle, les résultats confirment l'efficacité virologique élevée, la durabilité et le bon profil de tolérance des combinaisons ART centrés sur le dolutégravir dans la " vraie vie ".

Jean-Luc Schouveller - 28 novembre 2019

Une population représentative

Pour mener à bien cette vaste étude de cohorte rétrospective, observationnelle et multicentrique, les investigateurs ont recrutés 4101 patients vivant avec le VIH âgés de 18 ans ou plus ayant reçu au moins une dose de dolutégravir entre avril 2014 et décembre 2017. Ces patients ont été recrutés dans 6 centres belges: hôpital universitaire St Pierre (Bruxelles), Institut de médecine tropicale (Anvers), Cliniques universitaires St Luc (Bruxelles), CHU de Liège, Hôpital universitaire ULB-Erasme (Bruxelles) et KUL Leuven.

Parmi les caractéristiques de cette cohorte, on retiendra la présence de 33% de femmes, de 34% de patients d'origine Sub-Saharienne, un mode d'acquisition du VIH hétérosexuel pour 46% et homosexuel/bisexuel pour 43,9% et 69% des patients présentaient une charge virale indétectable lors de l'initiation du dolutégravir.

Une efficacité virologique élevée et homogène sur tous les sous-groupes

Après 96 semaine de suivi, on constate que, sur l'ensemble de la population de l'étude, 96% des patients présentent une charge virale indétectable, une efficacité virologique élevée et durable qu'on retrouve à l'identique dans tous les sous-groupes:

  • Hommes: 97%
  • Femmes: 94%
  • Hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes: 98%
  • Patients originaires d'Afrique Sub-Saharienne: 93%
  • Patients naïfs: 97%
  • Patients expérimentés: 96%
  • CD4 > 350 à l'inclusion: 97%
  • CD4 < 350 à l'inclusion: 93%

De plus, la probabilité de survenue d'une perte de suppression virologique (2 mesures consécutives de la charge virale supérieure à 200 copies/ml après suppression initiale du virus) est estimée à environ 7% et l'augmentation moyenne du taux des CD4 était de 99 cellules en moyenne.

Profil de tolérance

Sur l'ensemble du suivi de 96 semaines, on constate que 19,1% des patients ont arrêté le dolutégravir. La raison la plus fréquente de ces arrêts de traitement était la survenue d'une réaction indésirable en rapport avec le traitement (9,6%), la toxicité neuropsychiatrique étant la cause la plus fréquente (5,2%) avec les troubles gastro-intestinaux (1,4%).

Un petit mot sur la problématique de la prise de poids en cours de traitement par un inhibiteur de l'intégrase. Globalement, le gain de poids au cours du traitement était en moyenne de 2,01kg à la semaine 96. On observe cependant des gains de poids plus importants chez les femmes (2,55 kg), les patients originaires de l'Afrique Sub-Saharienne (2,61 kg), les patients naïfs ayant initié le traitement ART avec le dolutégravir (3,83 kg) ainsi que les patients dont le taux de CD4 était inférieur à 200 cellules lors de l'initiation du traitement (6,3kg). Notons ici que tous les résultats concernant la prise de poids dans ces différents groupes sont statistiquement significatifs. Pour les investigateurs, il s'agit là d'un constat issu de la pratique en condition réelle mais ces données restent à évaluer avant de tirer une quelconque conclusion.

Un bon bilan

Au final, cette étude belge apporte la preuve qu'en condition de vie réelle, le dolutégravir présente une efficacité virologique importante laquelle perdure dans le temps (96 semaines) ainsi qu'un profil de tolérance élevé, les arrêts de traitement pour effets indésirables spécifiquement liés à la molécule étant rares mais cependant légèrement plus élevés que lors des études cliniques, notent les investigateurs dans leurs conclusions.

Réf: Nasreddine R. et al. PE2/31, EACS 2019, Basle.

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