PremiumGastro-entérologie

Stéatohépatite non alcoolique (NASH), apport de l'acide obéticholique

photo

L'acide obéticholique est un acide biliaire synthétique proche de l'acide chénodésoxycholique, conçu pour être un activateur puissant du récepteur X des farnésoïdes (FXR), membre de la superfamille des récepteurs nucléaires.

Dr Jean-Claude Lemaire - 18 décembre 2019

L'activation de ce récepteur augmente la sensibilité à l'insuline, diminue la néoglucogenèse, la triglycéridémie, la synthèse des acides biliaires et exerce, expérimentalement, une action anti-inflammatoire et antifibrosante.

L'acide obéticholique est en cours d'évaluation aux doses de 10 et de 25 mg/j dans REGENERATE une étude internationale multicentrique randomisée contrôlée versus placebo menée en double aveugle chez des patients adultes atteints de NASH présentant un score d'activité défini NAFLD d'au moins 4 et une fibrose de stade F2-F3 (ou F1 avec en plus au moins une comorbidité).

L'analyse intermédiaire préspécifiée à 18 mois porte sur les 931 patients avec fibrose de stade F2-F3 ayant reçu au moins une dose du traitement assigné, les critères d'évaluation principaux étant l'amélioration de la fibrose sans aggravation de la NASH ou la résolution de la NASH sans détérioration de la fibrose, l'atteinte de l'un ou l'autre de ces critères étant considérée comme un succès.

Le critère amélioration de la fibrose a été constaté chez 37 patients (12%) du bras placebo versus 55 (18%) du bras acide obéticholique 10 mg (p=0,045) et 71 (23%) du bras acide obéticholique 25 mg (p = 0,0002).

Il n'y a pas de différence significative entre les 3 bras pour le critère résolution de la NASH, respectivement 25 patients (8%) versus 35 (11%), p=0,18 et 36 (12%), p=0,13.

La sécurité d'emploi a été évaluée sur la totalité des 1968 patients ayant reçu au moins une dose du traitement assigné. L'effet indésirable le plus fréquent était le prurit généralement d'intensité légère à modérée, placebo 123 patients (19%), acide obéticholique 10 mg 183 patients (28%) et 25 mg 336 patients (51%).

La tolérance globale était comparable à celle d'études précédentes et l'incidence d'événements indésirables graves était similaire dans les 3 bras de traitement, respectivement 75 patients (11%), 72 patients (11%) et 93 patients (14%).

Il est conclu que cette analyse intermédiaire montre une amélioration histologique cliniquement significative qui est raisonnablement susceptible de prédire un bénéfice clinique. L'étude se poursuit pour le démontrer.

ZM Younossi et al. Lancet. 2019 Dec 5. [Epub ahead of print]. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)33041-7/fulltext

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Mieux comprendre les facteurs de rémission des MICI

Les liens de causalité entre alimentation et risque de développement de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont déjà été largement étayés. Une récente étude multicentrique franco-belge permet de mieux comprendre dans quelle mesure l’alimentation entretient l’activité inflammatoire, que ce soit dans la maladie de Crohn ou dans la rectocolite ulcéro-hémorragi

Gastrites, gastropathies : comment les distinguer ?

La surprescription des IPPs, l’un des chefs de bataille de notre actuel ministre de la santé, doit s’inscrire dans le cadre d’une meilleure compréhension des mécanismes physio-pathologiques sous-jacents. Cet article, fondé sur les propos du Pr Pierre Deprez (Cliniques universitaires Saint-Luc), propose une révision des principales causes de gastrites et de gastropathies.

Amazon Pharmacy lance la distribution du comprimé Ozempic à domicile et en point de retrait

Amazon Pharmacy poursuit son offensive dans la pharmacie en ligne. La plateforme de livraison de médicaments d’Amazon annonce étendre, aux États-Unis, l’accès à la version orale d’Ozempic, le GLP-1 de Novo Nordisk destiné aux patients atteints de diabète de type 2.

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine