" Enfin un grand réseau hospitalier au coeur de l'Europe "

Nous vous l'annoncions le 25 janvier dernier : les Cliniques universitaires Saint-Luc, la Clinique Saint-Pierre à Ottignies et la Clinique Saint-Jean à Bruxelles avaient signé une déclaration d'intention " visant à la création d'un réseau hospitalier locorégional ". Ce lundi, ces trois cliniques s'unissent aux cliniques de l'Europe pour créer un réseau au coeur de l'Europe comptant près de 12.000 professionnels disposant d'une offre complète de soins, y compris universitaires. Le nom du réseau sera communiqué en 2020.
Le Dr Yvan de Meeus, directeur médical des Cliniques de l'Europe précise toutefois : " En réalité, on ne rejoint pas un réseau constitué. Nous étions en discussion avec les partenaires. Les statuts et le règlement d'ordre intérieur de ce réseau, ont été rédigés ensemble. C'est vraiment un nouveau réseau constitué. " Pourquoi avoir fait ce choix ? " Après une analyse stratégique détaillée reprenant une série de comparaison avec des alternatives, il y avait déjà des collaborations spontanées. On a analysé les bassins de soins et les partenaires les plus robustes pour déboucher sur un réseau qui comprenne un hôpital universitaire. L'analyse détaillée portait sur les pathologies et des programmes de soins, des parts de marché, de la dispersion géographique des lits. "
Les quatre institutions participent comme partenaires égaux et s'inscrivent dans la démarche voulue par les pouvoirs publics.
Ces analyses concluaient à une grande complémentarité ? " Absolument. Et aussi une valeur ajoutée en matière qualitative. En matière d'expertise. Il va falloir maintenant avaler ce gros morceau... "
Patients flamands
Le réseau se projette sur Bruxelles et le Brabant wallon mais aussi sur le Brabant flamand grâce à l'approche bilingue des Cliniques de l'Europe... " Merci de le souligner car l'approche bi-communautaire est dans l'ADN des Cliniques de l'Europe. Nous sommes partenaires sur plusieurs programmes de soins et nous voulions garantir pour ces patients d'être accueillis dans leur langue. L'accueil personnalisé et la possibilité d'aller dans le supra-régional, c'était important. Nous avons insisté. Les statuts prévoient donc une réelle ouverture bruxelloise, Bruxelles étant au carrefour de nos deux communautés linguistiques. "
La complémentarité de la formation des assistants sera-t-elle évidente au sein du réseau ? " Exact ! Les assistants étant la médecine de demain, nous sommes un hôpital de stage. Nous avons tenu à offrir une place privilégiée pour accueillir des assistants dans quasi toutes les spécialités médicales comme nous accueillons également des assistants venant de la KUL qui n'est pas dans le réseau... On continue les collaborations extra-réseaux avec la KUL mais avec l'accord des trois autres partenaires. "
Au niveau des médecins, l'accueil a été généralement enthousiaste ? " L'analyse stratégique dans laquelle nous avons embarqué tout le conseil médical n'a de sens que s'il est partie prenante. C'est pourquoi il y a eu un léger décalage avec le projet actuellement sur la table, il a fallu expliquer les choses. Nous avons finalement obtenu une très large adhésion. Petite inquiétude de nos médecins néerlandophones face aux deux régions francophones... Il est certain que les réseaux alternatifs avec la KUL ont rassuré ces médecins flamands et leur patientèle et d'autre part nous avons inscrit dans les statuts que les patients flamands soient suivis dans leur langue maternelle. L'aspect communautaire a été, un temps, délicat. Il est important que vos lecteurs comprennent bien que nous aurions aimé étendre notre réseau à des partenaires en Brabant flamand, mais les contraintes législatives et la position prise par la Région flamande ne nous l'ont pas permis. "
Large zone géographique
Fort de l'apport des Cliniques de l'Europe, est donc né " au coeur de l'Europe, un réseau hospitalier solide, aux compétences complémentaires et au service de chacun ".
" En réunissant les pôles d'excellence d'un hôpital universitaire et de trois hôpitaux de premier plan, le réseau renforce notamment la multidisciplinarité et garantit des soins médicaux de qualité accessibles à tous ", pointent les différentes directions.
Ce grand réseau " au coeur de l'Europe ", dont le nom ne sera révélé qu'en 2020 (selon nos informations il aura une connotation sanitaire) offre le profil suivant :
Le caractère académique des Cliniques universitaires Saint-Luc et leur lien privilégié avec l'UCLouvain. Ceci constitue " un levier pour la recherche et le développement de l'innovation médicale au sein du réseau ".
La pérennité des échanges existants pour la formation des futurs médecins, spécialistes et professionnels de la santé. " Sous l'impulsion des médecins, les quatre institutions organiseront leurs activités médicales en pôles transversaux, de manière à offrir des trajets de soins intégrés et complets, y compris pour les pathologies les plus complexes, et à renforcer leur positionnement national et international au coeur de l'Europe. "
Le réseau couvre une large zone géographique et touche une population diverse, multiculturelle et multilingue dans toute la région bruxelloise et au-delà. " Avec sept sites hospitaliers et sept polycliniques, chaque patient a accès à des soins qui sont proches de son domicile ou de son lieu de travail. "
Les quatre institutions y participent comme partenaires égaux et s'inscrivent ainsi dans la démarche voulue par les pouvoirs publics.
Pas de couteau sous la gorge
"Plutôt que d'avoir un jour le couteau sous la gorge et de devoir construire un réseau rapidement, nous avons décidé de prendre le temps de réfléchir calmement à ce qu'on veut faire ensemble sachant que nous devons constituer une asbl pour le réseau et régler les problèmes de gouvernance, composer le conseil d'administration... ", expliquait en janvier au jDM (n°2571) le Dr Philippe Pierre, directeur général et directeur médical de la Clinique Saint-Pierre à Ottignies. " Il fallait aussi se poser la question de savoir si le réseau se limite à ce que demande la réglementation. Nous avons décidé de constituer un réseau a minima et de nous occuper des matières qui ont été définies par le ministère. Au niveau de la gouvernance, la règle est de donner à chaque hôpital une voix, indépendamment de la taille actuelle des trois hôpitaux, et de prendre les décisions par consensus. Ces principes sont faciles à énoncer mais plus difficile à traduire en termes juridiques. C'est ce que nous voulons faire. Nous ne voulons pas qu'un seul hôpital écrase les autres. "
Le réseau constituait une continuité géographique Bruxelles-Brabant wallon dont le pivot était clairement les Cliniques Saint-Luc. Des partenariats existaient de longue date entre Saint-Luc et Saint-Pierre. L'hôpital de Nivelles (groupe Jolimont) est davantage tourné vers le Hainaut. Quant à l'hôpital de Braine-l'Alleud, il appartient au Chirec. Les cliniques Saint-Luc et Saint-Jean ont également noué des accords en radiothérapie et en orthopédie. Philippe Pierre expliquait encore que " les trois hôpitaux souhaitent rester indépendants et garder leurs structures de gouvernance. Nous ne voulons pas réaliser une fusion, nous nous adaptons à la loi. Nous anticipons ce qui va vraisemblablement arriver sous une forme ou une autre "
Le réseau en chiffres
2.700 lits
Près de 12.000 collaborateurs, dont plus de 2.000 médecins
Chaque année :
250.000 hospitalisations
70.000 interventions chirurgicales
1.800.000 consultations
240.000 urgences
7.500 accouchements
7 sites hospitaliers et 7 polycliniques répartis sur Bruxelles, dans le Brabant wallon et dans le Brabant flamand